Injustice : Génération identitaire condamnée, par Franck Deletraz

Injustice : Génération identitaire condamnée, par Franck Deletraz

Ils voulaient apporter la preuve à l’Etat qu’il est tout aussi possible de maîtriser ses frontières que d’empêcher l’afflux massif de clandestins sur notre sol. Et effectivement, plusieurs jours durant, en avril 2018 au col de l’Echelle, à quelques kilomètres de l’Italie, ces simples citoyens, avec des moyens somme toute limités, avaient accompli le travail que le gouvernement se refuse à faire depuis des années. Sans haine, sans violence et sans le moindre dérapage (voir Présent daté du 24 avril 2018). Une leçon magistrale que l’Etat et notre justice, entièrement noyautée par les staliniens du Syndicat de la magistrature, ne leur ont pas pardonnée. Jugés coupables d’avoir entretenu une « confusion avec l’exercice d’une fonction publique » alors qu’ils n’ont fait qu’appliquer la loi, le président, le porte-parole et un ancien cadre de Génération identitaire ont ainsi été condamnés jeudi à six mois de prison ferme, 2 000 euros d’amende et cinq ans de privation de leurs droits civiques. Quant à l’association, elle devra payer 75 000 euros d’amende !

Pour bien mesurer le caractère purement politique de ce verdict, il faut d’abord se souvenir du mal de chien que s’est donné le parquet de Gap pour trouver un chef d’accusation valable (voir Présent daté du 5 juin). Cette « Mission Alpes » s’étant déroulée « dans le calme » (selon les propres mots de la préfecture des Hautes-Alpes) et n’ayant donné lieu à aucun acte de violence ni dérapage de la part des Identitaires, le parquet s’était d’abord vu contraint de classer sans suite une enquête sur de possibles « menaces, violences ou propos racistes ». Se tournant ensuite vers le délit « d’immixtion dans une fonction publique », il avait à nouveau fait chou blanc parce que l’« infraction » était « insuffisamment caractérisée ». D’autant que, face aux critiques, les responsables de Génération identitaire avaient justement fait valoir l’article 73 du Code pénal stipulant qu’en cas de suspicion de délit, « toute personne a qualité pour appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche », ainsi que l’article L621-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui punit les étrangers entrés illégalement sur le territoire.

Mais, à force d’éplucher son Code pénal, le procureur de Gap, Raphaël Balland, avait fini par poser ses yeux sur l’article 433-13, qui punit d’un an de prison… l’« exercice d’une activité dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique ». Un chef de poursuites « très peu usité », comme il l’avait lui-même reconnu. Et surtout ridicule quand on se souvient que les forces de l’ordre avaient admis qu’à aucun moment les Identitaires (contrairement à Benalla, aujourd’hui en liberté…) avaient tenté de se faire passer pour des policiers. D’autant plus ridicule, pourrait-on même ajouter, que, les autorités ayant depuis longtemps renoncé à tout contrôle de cette frontière passoire, il ne risquait pas d’y avoir confusion…

Un verdict purement politique

Bref, comme le soulignait avant l’audience du 11 juillet dernier Johan Teissier, l’un des porte-parole de Génération identitaire, « ce qu’on nous reproche vraiment, c’est de faire le travail que l’Etat ne fait pas. Le gouvernement ne supporte pas d’avoir été humilié », aussi « il s’acharne contre nous et essaie de tuer notre mouvement ». Des propos involontairement confirmés par le verdict du tribunal correctionnel de Gap, qui a suivi à la lettre les réquisitions faites par le ministère public lors de l’audience du 11 juillet (voir Présent daté du 17 juillet).

Cependant, face à ce déni de justice flagrant, les jeunes militants de Génération identitaire n’entendent pas en rester là. Dès l’annonce du jugement, leur avocat, Me Pierre-Vincent Lambert, a en effet averti que ses clients feraient appel de cette décision. Par ailleurs, après avoir accusé l’Etat de vouloir « persécuter les jeunes Français qui osent prouver symboliquement et pacifiquement que défendre nos frontières est possible », le président de GI a appelé sur Twitter tous les patriotes à soutenir ces jeunes gens dont le seul « tort » est d’avoir réclamé l’application des lois contre l’immigration. Un appel qui a trouvé un écho au sein de la classe politique en la personne de Thierry Mariani, qui observait très justement jeudi sur Twitter : « En première instance : Cédric Herrou, aide à l’entrée de migrants : 4 mois de prison avec sursis (annulé depuis en cassation). Jeunes de Defend Europe, action symbolique et pacifique de défense des frontières : six mois de prison ferme. Mais, la justice n’est pas politique en France… »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 30 août 2019