Michéa l’hérétique et les Inquisiteurs des Temps Modernes

Michéa l’hérétique et les Inquisiteurs des Temps Modernes

Dans Mystère Michéa, portrait d’un anarchiste conservateur, Kevin Boucaud-Victoire fait la démonstration que le philosophe Jean-Claude Michéa est le meilleur perturbateur contemporain! Il bouscule les pouvoirs économiques, universitaires et médiatiques, n’en déplaise à toute une partie de la gauche…

S’il est une chose qui caractérise la période actuelle, c’est bien le brouillage et la reconfiguration en profondeur des axes théoriques, idéologiques, sociologiques, politiques, méthodologiques qui structuraient les schémas de réflexion dominants depuis de nombreuses décennies.

La crise des Gilets Jaunes a ainsi tout récemment permis de mettre sur le devant de la scène intellectuelle des modèles et grilles d’analyse innovants (comme ceux de Christophe Guilly ou Jérôme Fourquet pour ce qui concerne l’analyse de la société française), et qui ont trouvé dans cet événement une résonance particulière, illustrant de façon manifeste la vitalité novatrice de leurs propos. Dans le domaine de la réflexion de type philosophique et politique, la pensée de Jean-Claude Michéa a pareillement fait et trouvé son chemin selon des voies originales et un public conquis depuis plus de vingt ans.
N’en déplaise à ses très (trop) nombreux détracteurs !

Michéa l’hérétique

A ceux tout d’abord qui, détenteurs du pouvoir universitaire et de sa mécanique normative, voient d’un mauvais œil qu’un simple prof de philo de lycée montpelliérain vienne se piquer de théoriser et articuler des concepts sans leur en demander l’autorisation, sans se prévaloir préalablement de leur onction et sans nécessairement respecter le formalisme abscons qui règne en la matière… Michéa n’a que faire des incontournables adoubements de chapelles qui les caractérisent. Sans non plus passer par les fourches caudines des systèmes de légitimation intellectuels et médiatiques habituels. De ce point de vue, et tout en refusant par principe tout passage télévisé (ce qui rend crédible sa critique de la société du spectacle), Michéa parvient à ringardiser dans le même mouvement les impostures pseudo-philosophiques d’un Bernard-Henri Lévy mais aussi les postures d’autorité post-marxisantes et pontifiantes d’un Badiou en bout de course.

A ceux qui, ce faisant, se servent des circuits institutionnels de légitimation des productions intellectuelles pour faire valoir leurs présupposés idéologiques devenus outils de domination sociale et culturelle, au sens gramscien du terme, et dont ils sont à la fois les rejetons baby-bommers, les prescripteurs et les usufruitiers. En l’occurrence, quel fol hérétique faut-il que soit ce Monsieur Michéa pour oser critiquer et formaliser avec autant d’aplomb le libéralisme économique, capitaliste, en l’articulant avec une critique salutaire du libéralisme culturel issu de la théorie du Progrès, dont les tenants du pouvoir intellectuel, culturel, médiatique et universitaire contemporain sont précisément les plus parfaites incarnations ?

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