Marion Maréchal sur LCI : À nouveaux clivages, nouvelles réponses – par Paul Vermeulen

Marion Maréchal sur LCI : À nouveaux clivages, nouvelles réponses – par Paul Vermeulen

Dimanche soir, Marion Maréchal était l’invitée de l’émission de LCI « En toute franchise », où l’on a essayé en vain de l’interroger sur un éventuel « retour » en politique, elle qui dirige maintenant l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques de Lyon (ISSEP). Elle a répondu : les Français se préoccupent plutôt de leur vie quotidienne.

Un de ses proches nous le confiait : « Face à une recomposition de la vie politique, après deux ans de silence, elle a eu le besoin de s’exprimer et de s’inscrire en vecteur d’alliances pour ceux qui aiment la France et croient en la nation. » Marion Maréchal a donc vertement critiqué les choix politiques de Macron, ainsi que le double langage d’une partie des LR, celle qui parle d’une façon en France mais vote autrement au sein de l’UE. Il y aura peut-être un avant et un après 2 juin 2019. Pourquoi ? Marion Maréchal a exposé la confrontation politique qui s’installe : la France connaît de nouveaux clivages, lourds de choix à faire entre un progressisme et un conservatisme conçu comme « défense civilisationnelle ». Ce que notre source traduit ainsi : « Aimer la France, c’est avoir l’esprit conservateur. Assurer la transmission, être conscient de l’héritage légué et reçu. »

Marion Maréchal a insisté sur le « clivage générationnel » : près de 50 % des électeurs de Macron ont plus de 60 ans. Ils ont connu un autre monde, dont Macron est au fond le légataire, lui qui n’a « réalisé aucune des grandes transformations annoncées ». Du président, Marion Maréchal a fait son adversaire direct parla conception du monde qu’il représente : l’idéologie « sectaire » du progrès. Le second clivage est pluriel et sociétal, dans cette France devenue un ensemble d’archipels.

C’est pourquoi elle a répondu à l’invitation de LCI : pour affirmer combien la situation est lourde de crises à venir. Si elle pense pouvoir « être utile » dans le débat politique, c’est en contribuant non pas à une union mais à « une grande alliance des droites », alliance entre grands courants, dont le courant conservateur, « une disposition d’espritconsistant à conserver des héritages séculaires tout en regardant vers l’avenir, sans fascination enfantine comme les progressistes ». Un courant conservateur qui pourrait être la matrice d’alliances de toutes les droites : « Je suis fière de mon engagement politique passé. Le RN est nécessaire mais je pense qu’il n’est pas suffisant. Il faut le dépasser, dans un grand courant patriotique, avec des alliances. » En effet, une fois la droite libérale libertaire partie chez Macron, quels points communs fondamentaux entre toutes les droites sinon une vision conservatrice du monde, ouverte sur l’avenir, l’économie de marché et la nation, ce lieu où nous faisons peuple.

Marion Maréchal l’a clairement dit : « Toutes les thématiques de droite peuvent être majoritaires mais il y a une incapacité à croire en la possibilité de s’unir contre Macron, surtout en vue de 2022. » Nous sommes déjà demain, et notre avenir se joue entre progressistes et conservateurs. Pour une raison simple : il y va de « l’idée de l’homme que l’on se fait dans la société », et du refus de l’illimité. C’est à cette échelle-là que se noue la recomposition, et c’est du fait de cette gravité que Marion Maréchal a décidé de s’exprimer, elle qui, nous disait un autre de ses proches, « est soucieuse des enjeux futurs, anthropologiques, comme l’intelligence artificielle ».

class=”relecture” style=”text-align: right;”>Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 3 juin 2019