Le parcours « exemplaire » d’Abdel Kermiche, l’assassin du père Hamel

08/02/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
A l’heure où le gouvernement annonce le retour de 130 djihadistes de Syrie-Irak, il convient de rappeler le parcours « exemplaire » d’Abdel Kermiche, l’un des deux assassins du père Hamel

Le 26 juillet 2016, deux musulmans radicalisés, Abdel Kermiche et Abdel Malik Nabil-Petitjean, égorgent le père Hamel dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, et blessent grièvement un paroissien de 86 ans. Peu après, via Amaq, son site de propagande et de communication, l’Etat islamique revendique l’attentat puis diffuse une vidéo dans laquelle les deux terroristes font allégeance au « calife » Abou Bakr al-Baghdadi.

Kermiche n’était pas un inconnu pour la justice et les services de renseignement

En mai 2015, soit quinze mois avant l’attentat, Abdel Kermiche avait en effet été incarcéré pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », après deux tentatives de rejoindre les groupes djihadistes en Syrie. Dix mois plus tard, la juge d’instruction chargée du dossier rédige une ordonnance de remise en liberté, motivant sa décision par le fait que Kermiche a eu « une adolescence chaotique » et qu’il a « pris conscience de ses erreurs. […] Je suis un musulman basé sur les valeurs de miséricorde, de bienveillance. […] Je ne suis pas extrémiste. […] J’ai envie de reprendre ma vie, de revoir mes amis, de me marier. » plaide Kermiche auprès de la juge bon enfant. Le parquet fait appel de la décision de la magistrate, mais la chambre de l’instruction ne suit pas l’appel du parquet. Abdel Kermiche est donc libéré. Il sort de prison en mars 2016.

Il est évidemment placé sous contrôle judiciaire

Il est en effet assigné à résidence, chez ses parents où il pourra consulter tout à loisir les sites radicalisés sur l’ordinateur familial. Il est équipé d’un bracelet électronique et n’est autorisé à quitter le domicile familial qu’entre 8 :30 à 12 :30. C’est précisément durant l’une de ces « permissions » que, le 29 juillet 2016, soit quatre mois seulement après sa remise en liberté, il commet l’attentat dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Signalons que le deuxième tueur, Abdel Malik Nabil-Petitjean, était lui aussi fiché S au moment de l’attentat.

En sus du fonctionnement peccamineux de l’appareil judiciaire dans cette affaire, on relèvera les failles béantes du ministère de l’Intérieur.

C’est ainsi qu’en date du 31 janvier 2018, le Canard enchaîné a révélé que trois services de renseignement avaient parfaitement repéré le futur tueur avant qu’il ne passe à l’acte : la direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris, le Service central du renseignement territorial et la direction du Renseignement militaire. Aucune suite n’a été donnée par le ministère de l’Intérieur à ces trois signalements, laissant le champ libre à Kermiche pour commettre son forfait, au nom d’Allah le miséricordieux.