Attentat à Strasbourg, ils sont encore là !

Un terroriste a ouvert le feu pendant le marché de Noël de Strasbourg ce mardi 11 décembre.

Le suspect a été clairement identifié : Chérif Chekkat, 29 ans. Et un pedigree à faire frémir. Fiché S, il est connu en Allemagne pour être radicalisé et en France pour des faits de droit commun. Plus grave encore, il devait être interpellé ce mardi matin pour un braquage qui a mal tourné. Mais il n’était pas chez lui, les forces d’intervention y ont trouvé en revanche une grenade et un pistolet 22 long rifle.

Cette soirée strasbourgeoise devait être joyeuse. Le marché de Noël de la ville alsacienne est connu mondialement. Pourtant, Chérif Chekkat a déboulé depuis le pont Corbeau pour semer la mort à l’arme automatique. D’après ce qu’on sait, le bilan aurait pu être plus lourd si des soldats déployés dans le cadre de l’opération Sentinelle n’avaient pas eu le réflexe de tenter de l’interpeller. « Les militaires de la force Sentinelle ont fait usage de leurs armes pour tenter d’intercepter l’assaillant. Entre 20h20 et 21 h, il s’est confronté par deux fois à nos forces de sécurité avec systématiquement des échanges de tirs », a précisé Christophe Castaner. Un soldat Sentinelle a été légèrement blessé à la main par le ricochet d’un tir de l’assaillant. Ce dernier se serait engouffré dans un taxi, d’après le chauffeur qui s’en est tiré indemne, le terroriste était blessé au bras.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les victimes ne sont pas encore officiellement identifiées et même le bilan des pertes varie selon les sources. Néanmoins on peut parler d’au moins deux morts et six blessés. Un ressortissant thaïlandais ferait partie des victimes. D’après BFM TV, une perquisition a eu lieu dans le quartier de Neudorf. Castaner a précisé que 350 personnes étaient à la recherche de l’assaillant, dont une centaine de personnes de la police judiciaire appuyées par deux hélicoptères, les Brigades de recherche et d’intervention (BRI) de la PJ parisienne et le RAID mais aussi des soldats de Sentinelle. Un dispositif impressionnant qui pour l’instant n’a rien donné.

Le parquet antiterroriste a estimé les indices suffisants pour ouvrir une enquête pour « assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste ». Le plan Vigipirate a été élevé au niveau « urgence attentat » avec un « contrôle renforcé aux frontières ».

Selon le secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, la sécurité de l’ensemble des marchés de Noël de France est renforcée dès aujourd’hui. Dans le cadre du plan Vigipirate, passé cette nuit au niveau « urgence attentat », le contrôle des passages aux frontières est aussi renforcé. Le marché de Noël de Strasbourg est fermé jusqu’à nouvel ordre

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre :

Laurent Wauquiez s’est demandé « Combien d’attentats commis par des fichés S devons-nous encore subir avant d’adapter notre droit à la lutte contre le terrorisme ? Qu’attendons-nous pour enfin livrer bataille pour éradiquer l’intégrisme qui nous a déclaré la guerre ? »

Marine Le Pen a, quant à elle, twitté « Toutes nos pensées vont vers les victimes de la tuerie islamiste de Strasbourg et leurs proches, ainsi que vers les forces de l’ordre et les équipes de secours. Un changement radical doit intervenir, puisque la politique contre le terrorisme est manifestement défaillante. »

Si Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas encore exprimé, son porte-parole le député Alexis Corbière s’est exclamé : « L’horreur et la lâcheté ont frappé. Toute mon affection et ma solidarité aux victimes et leurs familles ainsi qu’aux Strasbourgeois sous le choc. Confiance dans la Police pour neutraliser au plus vite le coupable. »

Tout recommence, toujours les mêmes profils, toujours les mêmes motifs. Et, au milieu, un discours « pas d’amalgame » qui ne prend définitivement plus.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 12 décembre 2018