Le Gouvernement français cède en apparence face aux Gilets jaunes

Le Gouvernement français cède en apparence face aux Gilets jaunes

06/12/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Afin de sortir de la crise provoquée par le courroux du peuple français incarné par la mobilisation nationale des Gilets jaunes, le gouvernement avait avancé ses premiers pions cette semaine. Était notamment mis en avant un report de six mois des principales taxes prévues. Pour autant ce moratoire présenté par le Premier ministre ne convainc pas les français, 78% d’entre eux jugent que le gouvernement ne répond toujours pas aux attentes des Gilets jaunes selon un sondage de ce mercredi. Était notamment reproché ce report opportun qui amène l’échéance juste après les élections européennes. L’Élysée a tenté par la suite d’atténuer cela, au cours d’une intervention du ministre de la transition écologique François de Rugy sur le plateau de BFMTV. Celui-ci a annoncé que les fameuses taxes sur le carburant ne seraient pas reconduites de tout 2019, laissant même entendre que celles-ci pourraient ne jamais voir le jour.

Une annonce à prendre avec des pincettes

Le gouvernement serait bien capable de ressortir cette mesure sous une forme déguisée dans le futur, à la manière d’un traité de Lisbonne. Car la hausse originellement prévue répondait entre autres à une exigence d’efforts de transition écologique, découlant de l’accord de Paris sur le climat. Cet accord est défendu bec et ongles par monsieur Macron, et plus globalement par l’Union européenne, à laquelle l’Élysée n’a jamais si bien obéi. Dans ces conditions il est difficile d’imaginer le gouvernement renoncer si facilement à cette mesure phare de la lutte contre le réchauffement climatique.

Si ces annonces contribuaient à désamorcer la mobilisation des Gilets jaunes cette victoire aura néanmoins un goût amer pour le gouvernement

Même si le gouvernement arrivait à faire repasser cette taxe en catimini dans la suite du mandat de monsieur Macron, il aura en effet tout de même eu à publiquement plier contre la mobilisation. Qui plus est des dissensions transparaissent à présent ouvertement des dernières déclarations des officiels de l’Élysée. Outre le Premier ministre en partie désavoué par les dernières évolutions de son moratoire, le conseil des ministres et Marlène Schiappa en particulier se sont faits recadrer sèchement hier par Emmanuel Macron, suite à leur engagement hâtif au sujet de la révision de l’impôt sur la fortune. Poussé par les Gilets jaunes en dehors du chemin tracé par l’Union européenne et les traités et accords mondiaux, le gouvernement semble à présent perdre son unité, ce qui devrait inciter ce mouvement à ne pas s’arrêter en si bon chemin.