Les poilus : Mohamed ou Martin ? Quand Le Parisien a la berlue, Europe 1 devient aveugle

Une nouvelle douteuse diffusée par Le Parisien au sujet des morts de la Grande Guerre a conduit l’OJIM à observer pendant dix jours tous les décodex, checknews et autres services de détection des infox/fake news. Que croyez-vous qu’il arriva ? Rien.

Pour les médias de grand chemin officiels et installés de longue date, les infox/fakenews n’existeraient-elles que chez les autres ? Au vu d’une surprenante « information » diffusée par Le Parisien, le jour de la saint Martin, le 8 novembre 2018, on peut le penser.

Le Parisien voit des “Mohamed” partout

Ce 8 novembre 2018, le quotidien de Bernard Arnault publie un article intitulé « Grande Guerre : plus de Mohamed que de Martin parmi les morts pour la France », le texte est accompagné d’une grande photo de Macron sous le monument aux morts des Éparges.

L’accroche de l’article : « Compter les prénoms présents sur les monuments aux morts de la Grande Guerre permet de dresser un portrait inattendu des morts pour la France ». De quoi s’agit-il ? D’une plongée dans la base de données « Mémorial Genweb », laquelle recense les soldats morts pour la France durant la première guerre mondiale (700 par jour en moyenne). 8 % des tués se prénomment Jean, Pierre, Louis, Joseph et François. Un graphique montre d’ailleurs une série de prénoms tirés du calendrier chrétien… mais ce n’est pas l’objectif politique de l’article du Parisien. Celui-ci arrive juste après : « si l’on regroupe les variantes Mohamed, Mohammed, Ben Mohamed et Ben Mohammed » [autrement dit, si on trafique le principe du classement par prénom pour parvenir à la conclusion que l’on souhaite] », eh bien, le prénom Mohamed devient l’un des 50 prénoms de soldats « qui ont versé le plus lourd tribut au conflit ». Non ? Si. C’est même plus que les Américains.

Des organes de presse (Le Parisien) mais aussi des opérations médiatiques de haute diffusion veillent au formatage idéologique, y compris au sein l’éducation nationale par la plateforme Francetveducation. On consultera à ce propos l’enquête en 5 volets de l’OJIM au sujet de la réécriture de l’Histoire de France par France Télévision, L’Obs et France Inter, par le biais d’un documentaire intitulé Histoires d’une nation. « Histoire » justement de montrer qu’en réalité la France est née de tous les Mohamed du monde.

“Martin” : un prénom peu courant en 1900

La manipulation du Parisien est d’autant plus grotesque qu’un simple coup d’œil aux statistiques de l’INSEE, croisement des sources oblige, sur le classement des prénoms en France depuis 1900 démontre que le prénom “Martin” n’est devenu très populaire que depuis 1980 environ.

Europe 1 reprend et amplifie sans vérifier

Notons que « l’information » fournie par Le Parisien a été reprise par Europe 1, la radio titrant qu’il y a plus de Mohamed que de Martin « sur les monuments aux morts » des villages français, ce qui n’était pas du tout « l’information » du Parisien, lequel utilise une base de données numérique. Mystère des vases communicants, quand Le Parisien a la berlue Europe 1 devient aveugle. Par souci de déontologie, le rédacteur de l’OJIM auteur de cet article, ayant la chance d’être sur les routes de France ce même 8 novembre 2018, s’est arrêté dans 16 villages de Bourgogne. Force est de constater qu’il n’a vu aucun Mohamed sur les monuments aux morts mais bien 7 Martin. Un hasard sans aucun doute.

La vérité officielle révélée aux enfants

Ce même rédacteur se rendait, invité par un collège, à l’intervention d’un journaliste dans une classe de 4e, dans le cadre de la sensibilisation aux infox/fakenews, intervention où il fut dit textuellement qu’il « y a de vrais médias, BFM, France 2, France Inter, Le Monde, Le Parisien, La Croix, Marianne, L’Express… », et où il fut même insisté sur ceci : « certains journaux disent la vérité. Le Monde est le journal de référence que peuvent lire vos parents. Tout est vérifié, par des services spécialisés. C’est pour cela que Le Monde dit la vérité ». Choses vues et entendues… La vérité est ailleurs, c’est sûr.

Texte repris du site de : l’OJIM