Révolte des Gilets Jaunes : l’histoire est bien le lieu de l’imprévu !

Le grand historien Dominique Venner aimait à dire que « l’histoire est le lieu de l’imprévu ». La révolte des Gilets Jaunes le démontre une fois de plus.

En Europe, la révolte des peuples contre le Système oligarchique qui les met en servitude, a pris avant tout une tournure identitaire et anti-immigration.

C’est pourquoi les pays du groupe de Visegrad sont entrés en dissidence contre l’Union Européenne. Et c’est la question migratoire qui explique l’opposition croissante à Mme Merkel en Allemagne et la victoire de la Ligue du Nord et du mouvement Cinq Etoiles en Italie. Comme elle explique pour une part aussi le vote britannique pour le Brexit.

Révolte sociale en France

En France le moteur de la crise est social : la France invisible, celle que le Système a rejeté dans les ténèbres périphériques, a revêtu un gilet jaune qui la rend visible, parce qu’elle a tout simplement de plus en plus de difficultés à vivre décemment.

Parce qu’elle voit son niveau de vie diminuer, parce qu’elle paye de plus en plus d’impôts et de taxes, parce que l’ascenseur social ne fonctionne plus et parce que l’Etat, si complaisant vis-à-vis des racailles, ne la protège plus. Parce que personne ne répond plus à son angoisse.

Il y a bien sûr un lien entre la question identitaire et la question sociale. La France invisible souffre d’autant plus qu’elle sent bien que le Système a plus d’égards pour les immigrants, surtout entrés irrégulièrement en France, que pour elle.

Mais la question migratoire n’a pas été pour autant mise en avant par les Gilets Jaunes : dommage pour le Pouvoir qui se préparait déjà à pourfendre la « xénophobie » ou la « peste brune [1]» !

Les astrologues n’ont rien vu venir

Evidemment les écrans de nos télévisions sont, depuis samedi dernier, pleins d’experts qui nous « expliquent » la révolte des Gilets Jaunes. Comme des météorologues qui nous présentent le temps qu’il fera ….hier.

Mais à vrai dire personne n’avait prévu l’ampleur de la réaction populaire.

Surtout pas l’oligarchie, qui vit dans sa bulle, dans ses « résidences de standing » protégées par les digicodes ou dans ses palais dorés protégés par la police.

Pas la classe politique, qui n’a rien vu venir, comme à son habitude.

Pas les clubs de réflexion, qui n’ont que peu de contacts avec la France qui souffre, notamment ceux de droite.

Pas les syndicats, qui ne représentent plus qu’une part déclinante de la population.

Pas les médias, évidemment, trop occupés à nous bassiner à longueur d’antenne avec les « migrants », les « violences faites aux femmes » ou avec « le dérèglement climatique ».

Un manifestant a bien résumé la problématique : « Ils craignent la fin du monde pendant que nous on craint les fins de mois. »

Avec les Gilets Jaunes, nos astrologues institutionnels viennent, une nouvelle fois, de tomber dans le puits ! Et avec lui un système politique coupé du peuple.

Le pouvoir désemparé

Les Gilets Jaunes ont désemparé un pouvoir déjà bien ébranlé depuis l’été dernier. Avec un Président de la République qui bat les records d’impopularité[2]. Et qui continue de donner le sentiment de vivre sur une autre planète.

La presse étrangère ne s’y trompe pas.

« Les Français ont l’impression d’être pris pour des imbéciles. A juste titre. » écrivait la semaine dernière le journal allemand Die Welt.

La phrase est sévère mais juste : le Pouvoir ne se rend pas compte que sa propagande ne fonctionne plus auprès d’une part croissante de la population. Ni que l’en-même-temps ne fait plus rire personne : tout le monde voit bien qu’Emmanuel Macron n’a obtenu aucun résultat positif concret pour le plus grand nombre depuis qu’il a été élu.

La France ne marche plus, à l’évidence.

Les Gilets Jaunes : le signe de la révolte qui vient

Personne n’a rien vu venir : c’est un signe qui ne trompe pas.

Qui pouvait penser qu’une obscure question de taxe sur le thé, allait précipiter la révolte des Amériques contre la couronne britannique ? Qui pensait que la réunion des Etats Généraux déboucherait sur la chute de la monarchie en France ? Qui croyait que l’assassinat d’un obscur archiduc autrichien allait précipiter l’Europe dans la guerre mondiale et provoquer, par contre coup,le communisme puis le fascisme ?

Qui pouvait penser que les « sans-dents » sortiraient de leur apathie ?

Les Gilets Jaunes viennent à leur tour d’entrer dans l’histoire. Et peut-être finiront-ils par la faire.

[1] Expression employée par le ministre Darmanin
[2] En novembre 2018 , Emmanuel Macron bat le record d’impopularité de François Hollande : 26% d’opinions favorables contre 29% pour son prédécesseur et 48% pour N.Sarkozy à la même date (sondage BVA, Orange RTL/la Tribune des 21 et 22 novembre 2018)

Michel Geoffroy

Texte repris du site de : Polemia