Des gilets jaunes font arrêter des migrants clandestins : la gauche crie au scandale

Lors d’un barrage filtrant, à Flixecourt, dans la Somme, des gilets jaunes ont découvert six migrants cachés dans un camion-citerne. Ils les ont remis à la gendarmerie. Ce fait divers, relayé par les réseaux sociaux, a provoqué une réaction embarrassée de François Ruffin, député La France insoumise de la circonscription. La CGT Douanes, de son côté, a décidé de porter plainte.

François Ruffin, qui avait auparavant affirmé son soutien aux gilets jaunes, déclarant que Macron a « déchiré le contrat social de son injustice et de son arrogance » et que « le fauteur de troubles se trouve à l’Élysée », a, cette fois, fait un commentaire plus partagé. Au micro d’Europe 1, il a indiqué que, dans cette mobilisation, « on voit le meilleur et le pire de l’homme », ajoutant : « Il y a des moments où je suis fier de mon coin, fier des gens de mon coin, et fier d’être élu de Flixecourt, et des moments où je le suis beaucoup moins. ». Encore un qui aime le peuple quand il le suit.

On dirait qu’il soutient les gilets jaunes quand il pense pouvoir les récupérer, mais qu’il prend ses distances avec eux s’ils expriment une opinion différente de la sienne sur l’accueil des migrants. Position inconfortable et révélatrice de ses contradictions. Il approuve la révolte populaire quand elle conteste l’ordre établi, espérant renforcer son électorat, mais prend ses distances avec elle quand elle vise les migrants.

La CGT Douanes va moins dans la nuance. Dans un communiqué, elle annonce porter plainte contre ces gilets jaunes qui se sont félicités d’avoir permis l’interpellation de migrants et d’avoir « fait mieux que la douane ». Une plainte pour « injure », « diffamation » et « incitation à la haine raciale ». Rien que ça ! L’organisation dénonce leur comportement : « Forts de leurs convictions racistes, ils ont préféré appeler la gendarmerie plutôt qu’une association d’entraide pour les secourir. » Elle précise que le rôle des douaniers n’est pas de « faire de la traque aux migrants ». On se demande si c’est ce qu’elle leur recommande quand ils tombent sur des immigrés clandestins.

Les gilets jaunes concernés auraient sans doute pu s’abstenir de se réjouir, sur les réseaux sociaux, d’avoir permis ces arrestations : après tout, ils n’ont eu qu’un comportement citoyen. Auraient-ils dû, comme le suggère la CGT, appeler une association d’entraide et se faire ainsi les complices de l’entrée illégale de migrants sur le territoire français ?

Les gilets jaunes protestent contre les taxes qui se surajoutent les unes aux autres, contre la baisse de leur pouvoir d’achat. Ils constatent que le gouvernement s’intéresse plus au sort des migrants qu’au leur. Ainsi, le budget 2019 prévoit une hausse de plus de 40 % des crédits de l’intégration et un objectif de 86 % de demandeurs d’asile hébergés d’ici 2020, contre 50 % aujourd’hui. Ils ont le sentiment, comme beaucoup d’autres Français, de subir un véritable racket, sans compter les services publics qu’on leur enlève, les maternités et les écoles qu’on ferme. Est-ce de l’égoïsme que de penser qu’avant de s’occuper de la misère du monde, le gouvernement devrait s’occuper de la misère française ?

Finalement, cette gauche pro-migrants reprend les arguments de Christophe Castaner et Benjamin Griveaux pour discréditer cette colère des gilets jaunes. Elle se met du côté de ceux qu’elle prétend combattre. Étrange connivence entre les internationalistes et les mondialistes. Il est vrai que, mis à part leur conception de l’économie, ils ont de nombreux points communs.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire