Le géographe Christophe Guilluy annonce la fin de la classe moyenne

03/10/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Christophe Guilluy s’est rendu célèbre avec la publication en 2010 de Fractures françaises, suivi en 2014 d’un ouvrage au titre éloquent La France périphérique : comment on a sacrifié les classes populaires.

Quelle était la ligne directrice de son analyse ?

Il a mis en lumière le rejet progressif des classes moyennes et populaires aux marges des grandes villes. Les catégories populaires n’ont pas disparu, mais elles ont dû s’éloigner des agglomérations. C’est pourquoi le géographe estime que « le problème crucial politique et social de la France, c’est que la majeure partie des classes populaires ne vit plus là où se crée la richesse ».

Dans son nouvel essai, Christophe Guilluy évoque cette fois la fin « de la classe moyenne occidentale ».

Il a choisi d’élargir son analyse à l’ensemble des milieux populaires des pays occidentaux. Il constate une même inquiétude sociale et identitaire. Cette « insécurité culturelle », pour reprendre le terme du politologue Laurent Bouvet, appelle une réponse politique qui est disqualifiée par les élites sous le nom de « populisme ». Pourtant, ce sont ces populations, souvent éloignées des centres-villes, qui subissent le plus la pression migratoire.

La classe moyenne ne constitue-t-elle pas pourtant la majorité de la population d’un pays ?

Guilluy souligne que le contexte des trente glorieuses a profondément changé sous l’effet de la mondialisation. Les ouvriers, les paysans ou les employés qui constituaient la classe moyenne, à la fois économiquement et culturellement, ont été profondément fragilisées, voire déclassées.

Ce sont d’abord les ouvriers, puis les employés et les agriculteurs qui ont été touchés.

A tel point que le géographe estime que les personnes que l’on regroupe désormais sous le terme de « classe moyenne » appartiennent en réalité aux catégories supérieures. Reste à savoir quelle sera la traduction politique définitive de ce phénomène d’érosion de la classe moyenne majoritaire.