Montreuil : le PCF se trompe de peuple, par Jean-Gilles Malliarakis

Le 26 septembre à l’aube le maire PCF de Montreuil surgissait à la tête d’un commando de 150 immigrés. Il entreprenait l’occupation, que l’État juge illégale, de locaux appartenant à l’Agence pour la formation professionnelle des adultes. Soutien de Pierre Laurent. Applaudissements des apparatchiks. Ce coup de force spectaculaire était revendiqué par un tweet de son instigateur :

Patrice Bessac ✔ “J’ai procédé ce matin à la #réquisition officielle des bureaux vides de l’AFPA, propriété de l’État, pour une mise à l’abri des travailleurs migrants du foyer Bara de Montreuil.“[1]

Ledit foyer Bara est ainsi décrit comme “un haut lieu de la communauté malienne francilienne, avec son marché, ses coiffeurs, son restaurant, qui sert 1 200 repas par jour à prix imbattables, aux résidents et à toutes les familles installées dans les parages. Prévu pour 150 personnes, le foyer géré par Coallia en héberge plus de 400 dans des chambres étriquées et le long des couloirs dans des lits pliants, moyennant 140 euros par mois.“[2]

Bessac lui-même, après avoir paraît-il passé une nuit dans ce bâtiment commente ainsi la situation : “C’est indigne, sale, avec des rats, et même dangereux. Il y a urgence à évacuer ! L’État se comporte en marchand de sommeil.

Dirigeant communiste de 40 ans, Patrice Bessac maire de Montreuil ne mérite d’indulgence pour son engagement d’extrême gauche, ni au titre d’une extraction prolétarienne humiliée, ni de l’immaturité de la jeunesse.

C’est étudiant en Philosophie à Toulouse qu’il adhérait à un PCF déjà moribond.

Et une fois ses études terminées, en 1999, son premier emploi ne se situe pas en usine où il semble ne s’être jamais attardé. Il atterrait dans les bureaux du Parlement européen. Après cette éprouvante expérience, il devient l’indispensable attaché de presse de Marie-Georges Buffet.

Celle-ci fut ministre de la Jeunesse et des Sports du gouvernement Jospin. Elle travaille alors dans le sillage de Robert Hue, qui fut le premier président de l’Histoire du Parti. Son coming out franc-maçon et son ralliement au parti socialiste n’ont pas encore été accomplis. Marie-Jo, de son côté, devenue secrétaire nationale du parti après le XXXIe Congrès en octobre 2001 aspire son petit protégé vers le haut des cercles dirigeants. Le jeune Pessac animera donc le Collectif de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle dépendant du comité national. En 2000, il entre au conseil national lors du congrès de Martigues du PCF, puis au comité exécutif national en 2005. En 2004, il est élu en Ile-de-France sur la liste menée par Marie-Georges Buffet, lors des élections régionales. A l’occasion du XXXIIIe congrès, le camarade Bessac est désigné secrétaire de la fédération de Paris.

À l’époque de cette ascension, le PCF se situe dans la perspective de l’élection présidentielle de 2002 où le candidat Hue obtiendra 960 000 soit 3,37 % des voix contre son score précédent de 2,6 millions de suffrages et 8,64 % : un affaissement électoral historique dont le PCF ne s’est jamais remis.

Aujourd’hui, totalement coupé de l’ancienne classe ouvrière et paysanne française, le PCF en est réduit à licencier au compte goutte ses permanents pour motif économique.[3]

À Montreuil, il est vrai, il est parvenu à reprendre le pouvoir municipal. Dans ce bastion historique, pendant quelques années, de 2008 à 2014, avait régné l’insupportable gauchiste pseudo-écolo Dominique Voynet. Il s’est résigné à ne plus s’appuyer sur les éléments populaires français. Il fait droit à la nouvelle dialectique d’extrême gauche. La novlangue et la ligne des fossoyeurs appellent ainsi populaires, les couches et les quartiers peuplés d’immigrés.

Se trompant de peuple, le PCF ne peut dès lors que confirmer son déclin.

[1] Cf. Twitter : @PatriceBessac 06 h 00 – 26 sept. 2018
[2] cf. Le Monde
[3] cf. Est-et-Ouest chronique du 26.9 :”Licenciements au PCF”

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent