Avec son ISSEP, Marion Maréchal parie sur l’avenir, par Francis Bergeron

BVA vient de rendre public un sondage réalisé il y a quelques jours sur l’avenir politique de nos hommes et femmes politiques. Très curieusement c’est Marion Maréchal qui progresse de la façon la plus spectaculaire, alors même qu’elle tient à rappeler qu’elle se place actuellement en retrait de la vie politique. Sur la droite de l’échiquier, elle est actuellement placée en troisième position. 55 % des sondés qui se considèrent comme « de droite » espèrent qu’elle va augmenter son influence. Elle améliore son score de six points et se retrouve même avant Wauquiez, lui-même en progression de deux points.

Comme pour démentir toute ambition politicienne, la nièce de Marine Le Pen a inauguré vendredi dernier les locaux de son école supérieure, l’ISSEP, ou Institut de sciences sociales, économiques et politiques. Cet institut est situé 56, rue Denuzière à Lyon, dans un quartier qui est un peu le centre politique de la région, puisque l’hôtel de région se trouve à proximité.

Les premiers élèves intégreront l’ISSEP à la rentrée. Marion Maréchal en est donc la directrice et elle est secondée par les deux coprésidents d’un conseil scientifique : Jacques de Guillebon et Patrick Louis. Lors d’une conférence de presse très suivie, Marion Maréchal a expliqué que l’école avait déjà reçu 60 pré-inscriptions, 160 inscriptions en formation continue, et 120 candidatures spontanées de candidats à des postes d’enseignants.

Le comité scientifique comporte 12 membres, parmi lesquels l’essayiste Yves-Marie Adeline et Pascal Gauchon, qui dirige la prestigieuse revue de géopolitique Conflits, et qui fut longtemps l’un des dirigeants d’un célèbre établissement privé de préparation aux concours des grandes écoles. L’une des originalités de ce conseil scientifique est de compter également parmi ses membres un Anglais, un Américain, un Russe.

Un carrefour des intelligences

Il faut bien reconnaître que le politiquement correct est particulièrement bousculé en Russie, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne…

Pour Marion Maréchal, « l’objectif est d’offrir une alternative éducative au monde de l’enseignement supérieur français qui est sclérosé. L’école […] peut être un carrefour des intelligences ».

Mais bien entendu la création de cet ISSEP soulève aussi beaucoup de questions, pas seulement celles relatives à la qualité de l’enseignement supérieur. A-t-il pour vocation de créer un énorme pôle de compétence, capable de structurer un programme politique, d’unifier les droites, de porter une campagne présidentielle ? Ou bien, dans une perspective de très long terme, Marion Maréchal et ses proches pensent-ils simplement qu’il faut améliorer la qualité de nos élites, en s’éloignant du prêt-à-penser ?

Lors de l’inauguration de vendredi, quelques dizaines de manifestants d’extrême gauche s’étaient rassemblées à l’appel d’une foule d’associations, syndicats, groupuscules, partis, et autres officines subventionnées. Il y avait infiniment plus d’organisations mobilisées pour l’occasion… que de manifestants dans la rue, d’autant qu’à présent il est possible de les compter avec une diabolique exactitude ! C’est à croire que certaines de ces officines n’existent que sur le papier, juste pour la subvention.

« Ce qui devient pénible à Lyon, expliquait une militante de gauche, c’est que l’extrême droite s’installe partout. […] On va fabriquer des cadres qui vont avoir un référentiel à l’extrême droite. Et ils vont être nos futurs patrons… » On en rêverait !

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent