Bienvenida a casa ! L’Aquarius débarque, par Caroline Parmentier

« Bienvenue chez vous » a été inscrit sur une immense banderole installée sur le port de Valence par les autorités régionales de gauche, dans différentes langues, du catalan valencien à l’arabe.

Quand on nous dit que l’Aquarius, c’est « des femmes et des enfants » c’est à nouveau de l’intox. Il y a des femmes et des enfants certes, mais une minorité. Voici la proportion réelle : 450 hommes, 80 femmes dont au moins 7 enceintes, 89 adolescents et 11 enfants de moins de 13 ans. Originaires de 26 pays différents, dont 23 du continent africain. Une arrivée ultramédiatisée avec plus de 600 journalistes accrédités chargés de nous expliquer qu’il y va de notre honneur et de notre dignité d’accueillir les navires d’ONG complices des passeurs.

L’opération médiatique de l’accueil de L’Aquarius par l’Espagne chaleureuse et en liesse sur le port de Valence rappelle les « Welcome » de l’Allemagne de Merkel aujourd’hui sur le point de sauter à cause du chaos migratoire qu’elle a installé en Allemagne et voulu imposer à l’Europe. Plusieurs contre-manifestants espagnols dont personne n’a parlé, ont protesté contre le débarquement. Une banderole des militants de Génération Identitaire a également été déployée sur le port.

A Rome, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini réaffirme qu’il n’y a pas de place en Italie pour les navires d’ONG : « Que ces messieurs sachent que l’Italie ne veut plus être complice du business de l’immigration clandestine, et qu’ils devront donc chercher d’autres ports vers lesquels se diriger. En ministre et en père, je le fais pour le bien de tous. »

En Allemagne, la situation est plus tendue que jamais : « Je ne peux plus travailler avec cette femme », a déclaré le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, à propos d’Angela Merkel, devant des membres de l’Union chrétienne-sociale (CSU). Le site du Bild affirme que la CSU devrait lancer lundi un nouvel ultimatum à la chancelière et lui donner deux semaines pour renvoyer les migrants dans le pays de l’UE où ils se sont inscrits en premier, comme le prévoit l’accord de Dublin.

« Que sommes-nous en train de faire ? »

En Belgique, le secrétaire d’Etat à la migration Theo Francken (N-VA) pose la question : « Parmi les migrants illégaux qui arrivent en Espagne, beaucoup sont originaires du Bangladesh. C’est à 9 000 km de la Libye et il n’y a pas de guerre. Ils volent via la Turquie vers Tripoli avant de partir en bateau vers l’UE. De quel droit entrent-ils dans l’Union européenne ? Que sommes-nous en train de faire ? »

Une partie des migrants de l’Aquarius doivent rejoindre la France. C’est-à-dire « tous ceux qui, une fois appliqués les protocoles du processus d’accueil, exprimeront leur désir de rejoindre ce pays », prévient Madrid. Information confirmée par Gérard Collomb, « conformément au souhait d’Emmanuel Macron ».

« Ils auraient pu débarquer plus tôt en Tunisie ou en Algérie. Sauf qu’on est parti du principe, depuis un certain nombre d’années, que les migrants devaient systématiquement venir en Europe », a réagi Marine Le Pen au « Grand rendez-vous » Europe 1-CNews-Les Echos. « La prochaine fois, les bateaux iront directement dans les ports français. Emmanuel Macron est immigrationniste, on le voit partout, dans ses déclarations, sa filiation idéologique. En matière d’immigration, il n’y a pourtant pas de fatalité, comme l’a montré la décision du gouvernement italien. »

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 18 juin 2018