Reportage : Débrancher Mai 68 pour rebrancher la France

Cinq ans que l’on n’avait pas vu les foules qui arpentaient le pavé parisien pour protester contre le mariage homosexuel. Un an que Marion Maréchal n’avait pas fait d’apparition publique dans notre pays. Hier soir, les deux étaient réunis sous la houlette de l’association versaillaise Eveilleurs d’Espérance et du mensuel L’Incorrect, dans une immense salle au ciel étoilé du sud de Paris pour « débrancher Mai 68 ». La France de retour alors ?

Oui, celle que veut ressusciter Marion Maréchal qui s’est donné pour mission de « sortir les conservateurs de leur état de zombification et de les faire revenir à la vie » et qui sut remobiliser une assemblée nettement orpheline depuis l’élection d’un véritable enfant de 68, un certain Macron qui met en pratique tout l’héritage délétère de cette époque.

Plus de mille personnes ont fait une ovation à celle qui veut « réveiller la droite conservatrice » et débrancher Mai 68 pour de bon. Avant sa brillante intervention, un film inédit d’Arnaud Stephan sur Mai 68 a permis au public d’entendre Xavier Raufer, Malliarakis ou Gérard Leclerc donner leur version des événements et tordre le cou au discours convenu que l’on entend depuis belle lurette. Comme l’a dit avec humour André Bercoff, invité lui aussi à témoigner : « On a eu les drapeaux rouges. Maintenant les Louboutin ». C’est vache, mais tellement vrai !

Le réquisitoire de Mai 68 dressé par Jean Sévillia et Gérard Leclerc qui ont démonté tout le mécanisme aura permis à la patronne de Causeur Elisabeth Lévy de jouer la soixante-huitarde de la soirée. Autres intervenants qui ont apporté leur pierre à l’édifice, Charlotte d’Ornellas et Jacques de Guillebon, cheville ouvrière de L’Incorrect et président du conseil scientifique de l’ISSEP, la future académie de sciences politiques créée par Marion et qui permettra d’en finir avec le sectarisme et le conformisme des grandes écoles devenues des « moules à gaufres » macronistes. Bon vent et bonne route à cette nouvelle initiative.

Article paru dans Présent daté du 01 juin 2018