Fichés S pourquoi faire ?, par Caroline Parmentier

Au moment où la France entamait à l’Eurovision sa chanson pro-migrants, un fiché S massacrait au couteau dans les rues de Paris aux cris d’Allah Akbar. A quoi servent les fichiers S, les fichiers FSPRT qui courent nos rues pendant que la justice française ouvre une enquête contre les militants de Génération Identitaire pour infractions « visant les comportements hostiles à la circulation des migrants » ?

Un scénario désormais ordinaire en France. Un islamiste armé d’un couteau, barbu, vêtu de noir, égorge des passants au hasard dans les rues de Paris. Il est toujours musulman. Toujours. Qu’il vienne d’Irak, d’Algérie ou de Tchétchénie qu’il ait débarqué avec les migrants ou que ses parents soient des réfugiés politiques naturalisés, il est toujours musulman. Mais on n’a pas le droit de le dire.

Khamzat Azimov dit Hassan Azimov qui a semé la terreur dans le quartier de l’Opéra samedi soir, assassiné un homme de 29 ans et blessé au couteau quatre autres personnes avant d’être abattu par la police, est né en 1997 dans le Caucase en Tchétchénie, une république musulmane de la Fédération de Russie. Sa mère a obtenu le statut de réfugié politique en France et vécu à Strasbourg dans le quartier musulman d’Elsau où réside une importante communauté tchétchène. Azimov est devenu Français « en 2010 suite à la naturalisation de sa mère », a expliqué Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. Samedi soir, le naturalisé a remercié la France à sa façon.

Il était fiché S, il était même fiché FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste, en raison de ses « relations ». Il avait été entendu il y a un an par la section antiterroriste de la brigade criminelle, il était notamment le « tuteur religieux » d’une personne partie faire le djihad en Syrie… Rien d’inquiétant donc ! C’est ce que nous expliquent en boucle les chiens couchés et muselés des médias mainstream. Le réflexe n’est pas pavlovien, il est devenu obsessionnel et plus la menace terroriste islamiste est omniprésente et plus le discours doit être verrouillé : « On ne peut pas intervenir contre les fichés S tant qu’ils ne sont pas passés à l’acte », « Ça n’a rien à voir avec l’islam », la seule indécence vient de la « récupération politique intolérable » à droite et à l’extrême droite dans cette affaire comme entendu lundi matin chez Bourdin sur RMC. « Un attentat lâche et barbare qui ne peut se réclamer d’aucune religion » c’est la version officielle telle qu’elle est dictée par la grande mosquée de Paris.

On nous ressort indéfiniment les mêmes commentateurs BFM, les mêmes analyses, les mêmes tartes à la crème, les mêmes déclarations politiques, Macron n’a même pas cru utile cette fois de rentrer de ses vacances à Brégançon, son discours étant déjà prêt, rôdé et toujours le même : « La France ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté. » La preuve que si ! En nombre de morts et en inertie patente. Où sont les expulsions des radicalisés islamistes, le contrôle aux frontières, l’arrêt de l’immigration muslmane, les mosquées fermées, le salafisme interdit ? Où est la moindre différence avec le fiasco Hollande, Valls, Cazeneuve en matière de terrorisme islamiste ?

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 14 mai 2018