bachar-el-assad

Frappes aériennes : Macron prétend détenir des preuves et engage la France contre d’état syrien

16/04/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Dans la nuit de vendredi à samedi, la « coalition », composée des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, a lancé une attaque aérienne contre l’état syrien afin de « détruire l’arsenal chimique clandestin du régime ». Macron a déclaré : « Les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute », bien que Donald Trump lui-même ne reconnaisse pas de preuves formelles pour le moment.

Dans une récente entrevue accordée à France 24, l’ancien ambassadeur britannique en Syrie Peter Ford, émet quelques doutes sur les accusations d’utilisation d’armes chimiques à la Ghouta le 9 avril dernier.

Selon lui, d’une part, l’origine des images et des vidéos émane d’organisations pro-islamistes et d’autre part, on ne voit guère quel aurait été l’intérêt du régime de Bachar El-Assad, à deux doigts de la victoire, de recourir à de telles armes. Enfin, en mars dernier, le chef de l’état-major russe avait prévenu qu’une mise en scène en vue d’une fausse attaque chimique se préparait.

Mais l’histoire ne se répète-t-elle pas ?

Effectivement, nous nous retrouvons dans la même situation qu’en 2013. Le massacre chimique du 21 août 2013 perpétré à la Ghouta avait alors failli provoquer une attaque de la coalition contre les forces de Bachar El-Assad. Mais une étude du MIT avait rapidement conclu que ces attaques avaient été lancées à partir d’une zone tenue par les rebelles syriens. D’où la volte-face du président Obama, puis du va-t-en guerre Hollande qui finit par renoncer à l’opération suite au désistement britannique. Et le plus étonnant c’est qu’Hollande regrette aujourd’hui de ne pas avoir attaqué tout seul la Syrie ! Dans son ouvrage « Les leçons du pouvoir » paru chez Stock il se désole de ne pas avoir mis à exécution l’opération « Hermès » destinée à punir le président syrien, et prévue le 1er septembre 2013. Et pourtant la non-implication du régime syrien dans cette attaque de 2013 ne fait plus aucun doute au sein de la communauté internationale.

Et Macron pouvait-il déclencher un acte de guerre sans le consentement du parlement ?

C’est en tout cas la pratique moderne de déclencher des actes de guerre sans déclarer la guerre. L’exécutif dispose cependant de trois jours pour informer le Parlement. Mais sans preuve et sans mandat de l’ONU, comme le souligne Mélenchon, le débat au Parlement prévu ce jour, risque d’être très tendu.