Affaire Déon. La maire Hidalgo fait marche arrière… dans les mots, par Francis Bergeron

Le scandale de l’interdiction d’inhumation à Paris de l’écrivain Michel Déon a pris une telle proportion que madame Hidalgo s’est sentie obligée de réagir, pour tenter d’apaiser les esprits.

Il est vrai que, ces dernières semaines, elle a accumulé les bourdes et les erreurs de gestion, dans à peu près tous les domaines relevant de sa compétence, et les Parisiens manifestent un agacement de plus en plus perceptible. L’heure du « Paris bobo » est passée, voici le « Paris facho », pour parler comme eux. L’affaire Michel Déon n’a été que la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

D’abord parce qu’elle a montré l’inculture des édiles parisiens, qui n’ont pas mesuré la popularité de Déon. Ensuite parce qu’elle est symptomatique de la morgue de cette coterie qui a fait main basse sur la capitale. Mais surtout parce qu’elle rappelle le sectarisme exceptionnel de quelques figures socialistes, au rang desquelles madame Hidalgo ne fait certes pas de la figuration. Le mépris avec lequel elle a traité la secrétaire perpétuelle de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, ou la célébration indécente du tueur stalinien Guevara dans des locaux municipaux, font partie de quelques-unes de ces actions qui donnent le sentiment exaltant à madame Hidalgo qu’elle marche dans les traces des républicains espagnols de 1936, déterreurs de carmélites et fusilleurs de curés.

Le 15 février, madame Hidalgo s’est donc néanmoins sentie obligée de corriger le tir à l’égard de Michel Déon. Elle vient de déclarer que « Michel Déon est un très grand écrivain français, en même temps qu’un Parisien de cœur ». Malgré Maurras, malgré l’Action française, malgré ses livres « Algérie française », malgré son appartenance aux « hussards ». On imagine l’effort incroyable qu’il lui aura fallu pour avaler cette couleuvre, alors que Déon personnifie à peu près tout ce qu’elle déteste.

Elle reconnaît que les démarches de la famille et de l’Académie française étaient légitimes. Mais elle s’appuie sur des arguties juridiques pour persister dans un refus d’une sépulture à Paris.

Une nouvelle provocation !

Plus fort encore : puisque le règlement actuel ne permet pas, selon elle, d’accueillir la dépouille de Déon, elle annonce qu’elle va « donc le faire évoluer », non pas pour permettre l’inhumation de Déon, mais « pour permettre par exemple à des artistes du monde entier » d’être enterrés à Paris, même s’ils n’y ont pas vécu ou n’y sont pas morts. C’est purement et simplement une nouvelle provocation !

Pas de sépulture pour Déon, mais demain des sépultures pour des artistes du monde entier. Si ces artistes sont choisis par madame Hidalgo, ou même par « des conseillers de Paris de toutes les formations politiques », on imagine sans peine de quoi les cimetières parisiens risquent d’être bientôt encombrés : de tous les Neruda de sous-préfectures, de tous les Guevara du bout du monde rebaptisés figures romantiques, de toutes les fausses valeurs cryptocommunistes dont les pays d’Europe de l’Est ne veulent pas. Et on nous présentera ces inhumations comme un ultime acte de résistance. Pensez : être enterré au pays des droits de l’homme !

« Accueillir exceptionnellement à Paris la sépulture de personnalités qui n’y résidaient pas administrativement » est souhaitable. Très bien. Mais des personnalités françaises. Et commençons par Michel Déon !

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent