Interview de Nicolas Bay : La main tendue à Mariani, Dhuicq, Myard, Dupont-Aignan, Poisson…

À l’approche du congrès du Front National, Nicolas Bay a répondu aux questions du journal Présent. Le Vice-président du Front National en profite pour confirmer souhaiter tendre la main à des personnalités telles que Mariani, Dhuicq, Myard, Dupont-Aignan ou encore Poisson.

— Le congrès approche à grands pas, dans quel état d’esprit l’abordez-vous ?

— Avec enthousiasme ! Le Front national est un mouvement qui a sensiblement changé de dimension depuis le congrès de 2014. Comme directeur de campagne des élections municipales et départementales, puis comme secrétaire général, nommé par Marine Le Pen lors du précédent congrès justement, j’ai pu participer – avec beaucoup d’autres bien sûr – au renforcement de notre mouvement, en particulier dans son implantation locale, qui me semble constituer une priorité absolue pour gagner en crédibilité et préparer les victoires futures. L’élection de députés dans des secteurs d’implantation ancienne et les scores dans nos municipalités en attestent nettement.

Le Front national est désormais un mouvement solidement ancré, avec plus de 1 800 élus qui défendent les Français à tous les échelons. Ces élus enracinés, expérimentés et engagés, sont un atout considérable pour notre mouvement. Ce maillage territorial dense fait désormais du Front un grand mouvement des terroirs et des territoires, s’incarnant aussi dans le quotidien de nos compatriotes. Cette représentation de notre mouvement et de ses partenaires est sans doute l’un des faits majeurs du cycle électoral, qui s’est terminé avec les élections législatives et avait débuté avec les élections municipales de 2014. Cela doit être pour nous une légitime satisfaction, mais surtout un encouragement à persévérer dans cette voie. Ce doit être, à mon sens, l’un des axes majeurs de la refondation lancée par notre présidente.

— Emmanuel Macron a le mérite d’assumer une vision européenne très claire. N’est-il pas temps pour les nationaux de marteler qu’une Europe des nations est possible face au diktat bruxellois ?

— Vous avez raison de souligner que la démarche d’Emmanuel Macron permet un vrai partage des eaux, et l’on constate d’ailleurs que Wauquiez et LR en sont les principales victimes, eux qui se satisfaisaient si bien du maintien des ambiguïtés. On peine à imaginer – et sans doute eux aussi – quelle ligne européenne ils pourraient bien incarner dans le scrutin à venir. D’ailleurs, les multiples revirements de Laurent Wauquiez lui-même suffisent à illustrer cette situation… Ainsi, le débat des européennes va en réalité voir deux camps, porteurs de deux visions, s’affronter : d’un côté Macron et les européistes forcenés, promoteurs de la fuite en avant fédéraliste et de la disparition des nations ; de l’autre les nationaux, rassemblés autour du Front, considérant au contraire que l’Europe des libertés et des identités doit s’appuyer sur ces réalités historiques et politiques que sont les nations.

— Cette Europe des identités est d’ailleurs en « grande forme », comme l’a montré l’exemple autrichien…

— Je le crois, oui. Sur tout le continent, les peuples affirment leur droit à disposer d’eux-mêmes mais aussi, et surtout, à rester eux-mêmes ! C’est vrai en Autriche, c’est vrai en Pologne ou en Hongrie, ce sera sans doute aussi le cas en Italie lors des élections de mars. Je crois que la « crise des migrants », c’est-à-dire tout simplement l’accélération du phénomène de submersion migratoire que subissent nos pays, a sensiblement contribué à renforcer une prise de conscience civilisationnelle qui se traduit désormais aussi dans les urnes. La nouveauté est que, désormais, et cela rejoint votre question précédente, ce sont clairement des gouvernements qui se dressent face aux diktats imposés par Bruxelles… ou Merkel. On peut envisager de voir émerger, et il faut travailler à ce que ce soit dès les prochaines élections européennes, une contestation de l’Union européenne tendant à devenir majoritaire.

— Mariani, Dhuicq, Myard, vous confirmez la main tendue ?

— Mariani, Dhuicq, Myard, Dupont-Aignan, Poisson, et d’autres encore. Si nous sommes conséquents, nous devons être capables de tendre la main à tous ceux qui considèrent que l’intérêt de la France et des Français doit être notre unique boussole politique, et qu’il faut rebâtir l’Europe sur le respect de la souveraineté des nations et de l’identité des peuples. Nicolas Dhuicq [qui a annoncé samedi rejoindre Nicolas Dupont-Aignan, ndlr] m’avait d’ailleurs fait l’amitié d’intervenir voici quelques semaines dans un colloque que j’avais organisé dans le Vaucluse.

Mais faisons les choses dans l’ordre : notre première mission est d’affiner et d’affirmer un projet alter-européen solide, concret, permettant justement de rassembler à nos côtés des alliés (et non pas seulement des ralliés) en rompant avec les vieilles logiques. La patrie est plus importante que les partis.

Propos recueillis par ierre Saint-Servant

Article paru dans Présent daté du 6 février 2018