Théo, Bobard d’or 2017 !, par Caroline Parmentier

Alors, Macron, qui diffuse des fake news ? Les médias qui ont accusé les policiers de viol et de torture et jeté en pâture aux chiens un policier de 27 ans qui avait dit la vérité alors que Théo avait menti, vont-ils être les premiers condamnés de la nouvelle loi gouvernementale sur les fausses informations ?

Présent avait flairé le Bobard d’or dès le début. Dans nos articles des 17, 20 et 24 février 2017, nous remettions en cause la version de « Théo » alias Théodore Luhaka d’origine congolaise, dont tous les médias, les politiques, les associations, les artistes et les sportifs, les Bruel et les Ribéry, avaient fait leur credo et leur confiteor.

Un an après les faits, la vidéo des caméras de surveillance de la ville d’Aulnay-sous-Bois, la preuve en images de ce qui est réellement arrivé à Théo, a fuité dans la presse. Parcimonieusement. Quelques médias officiels la diffusent comme si de rien n’était alors qu’elle est la preuve qu’ils ont menti aux Français. Les autres couvrent encore la vérité.

Sur la vidéo, il apparaît clairement que dans l’échauffourée, Théo perd sa veste de survêtement et son bas de jogging lui tombe sur les cuisses, laissant voir son caleçon. Quelques jours après les faits, il affirmait pourtant à propos du policier : « Il baisse mon pantalon et il enfonce la matraque dans mes fesses. » Les policiers poursuivis ont toujours contesté avoir baissé le bas de jogging de la victime. Les images permettent de confirmer leur version. Confronté à la vidéo par la juge d’instruction, Théo a changé son récit. Il reconnaît désormais que son pantalon de survêtement trop grand était mal attaché et qu’il a glissé tout seul…

La vidéo montre Théo qui se débat violemment lors du contrôle d’identité de cette bande de dealeurs qui dégénère, la grande difficulté des policiers à le menotter et le coup de bâton télescopique qui a provoqué la blessure. « Un geste très bref, extrêmement rapide, comme une estocade », commente Europe 1. Et en aucun cas une pénétration volontaire.

Dans le rapport de l’IGPN qu’Europe 1 a pu consulter, les enquêteurs estiment sur ce point que « si le geste du gardien de la paix (est) à l’origine de la blessure » de Théo à l’anus, « l’élément intentionnel pouvant caractériser le viol (n’est) pas établi ». C’est la juge d’instruction du fameux tribunal de Bobigny qui avait décidé de requalifier les faits en crime sexuel et de mettre en examen l’un des fonctionnaires pour « viol » et les trois autres pour « violences volontaires ».

L’Etat, en la personne de François Hollande, s’était rendu au chevet de Théo, saluant publiquement son « comportement exemplaire ». Comportement qui a consisté à se mettre en travers du chemin de la police pour protéger des dealers et à porter de fausses accusations contre le policier, le livrant à la curée. Mais l’important pour Hollande était de choisir le bon camp. Celui qui a fait de cette « fake news » un symbole national des violences policières et de la victimisation des racailles. Jamais les policiers de Viry-Châtillon, brûlés vifs à coups de cocktails Molotov dans leurs voitures pendant que les assaillants bloquaient les portières, n’ont eu droit à la visite du chef de l’Etat. Pas plus que tous ceux qui quotidiennement se retrouvent à l’hôpital parce qu’ils ont été frappés, volés, violés, ou poignardés par les bandes qui tiennent les quartiers en coupes réglées.

Marine Le Pen réclame aujourd’hui des « excuses des associations, des médias et des politiques de gauche » et dénonce une « immense Fake News pour salir la police française ». Depuis un an, les quatre policiers de la BST impliqués sont en enfer. Trois sont poursuivis pour « violences volontaires aggravées », interdits d’exercer sur la voie publique, le 4e pour « viol aggravé », interdit d’exercer la profession de policier et de se rendre en Seine-Saint-Denis.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 31 janvier 2018