Gérard Collomb Guerre raciale

Migrants : une loi pour faire respecter la loi !, par Guy Rouvrais

Il paraît que le président de la République a un plan terrible pour lutter contre l’immigration illégale dont les belles consciences s’émeuvent, comme la presse de gauche et les associations de soutien aux immigrés qui se mobilisent déjà pour y faire échec (voir Présent du 19 décembre). En quoi consiste ce plan ? A faire respecter la loi ! Inouï, n’est-ce pas ? Cela veut dire quoi ? Que la loi n’est pas respectée par ceux-là même dont c’est le devoir. Et que fait-on, en France, quand une loi n’est pas observée ? On en fait une autre dont l’objectif est le même. Le chef de l’Etat en avait énoncé le principe à Orléans le 27 juillet, en annonçant « une vraie politique de reconduite aux frontières », souhaitant que la France reconduise « de manière intraitable celles et ceux qui n’ont pas de titre ». Ce qu’il nous présente comme une initiative audacieuse, si ce n’est héroïque, c’est ce qui aurait dû être depuis toujours !

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, va donc élaborer un texte nouveau pour pallier la non-application des anciens. On nous rebat sans cesse les oreilles avec l’état de droit auquel nous devons une révérence républicaine, mais comment, depuis des décennies admettre que 96 % des déboutés du droit d’asile restent sur notre territoire, selon un rapport de la Cour des comptes ? Dans la loi Collomb en gestation il est prévu de les expulser, ou du moins d’en « éloigner » – ô euphémisme politiquement correct ! – le plus possible. C’est ce qui indigne Le Monde qui, dans un éditorial, assure que « l’honneur de la France est en jeu » parce que le ministre de l’Intérieur « affiche une volonté d’expulser massivement les déboutés du droit d’asile ». Est-ce qu’ils sont expulsables ? La réponse est oui. Où est le problème alors ? Qu’ils le soient « massivement » ? Si c’était au compte-gouttes, l’honneur de la France serait-il sauf ? S’ils restent massivement sur notre territoire il n’est pas étonnant qu’ils soient expulsés massivement, encore qu’on n’ait encore rien vu.

Il y a aussi le sort des « dublinés » qui bouleverse la conscience universelle. Derrière ce néologisme se cachent (à peine…) ceux des candidats à l’asile justiciables de l’accord de Dublin prévoyant de renvoyer le postulant dans le pays où il a fait sa première demande s’il en tente une autre dans un Etat de l’Union européenne. Eux aussi sont expulsables, mais ils restent. Pour éviter cette situation, le projet gouvernemental vise à placer les « dublinés » en rétention avant leur expulsion effective. C’est simplement se donner les moyens de faire respecter la loi européenne. Où est le scandale ?

Macron et Collomb vont-ils faire ce à quoi leurs prédécesseurs ont renoncé ? On aimerait que soit le cas, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Nous avons tellement entendu d’aussi fermes propos débouchant sur autant de renoncements que le scepticisme l’emporte sur l’optimisme. Souvenons du Sarkozy de 2007 qui, c’était promis, allait régler la question dès qu’il serait aux affaires et n’en a rien fait et a même supprimé ce qu’il appelait la « double peine » et a promu au rang de secrétaire d’Etat une Fadela Amara chantre gauchiste de l’immigration sans limite.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 21 décembre 2017