Grâce à Johnny, la France retourne à l’église !, par Caroline Parmentier

Tous les Français dans l’église de la Madeleine… en ce jour de la fête de la laïcité. Trois présidents de la République, le show-biz, les stars, les bikers et les sans-dents. Et Mélenchon qui s’arrache les cheveux. Il ne les a pas loupés Johnny avec sa dernière « grand-messe ».

Tous les Français sauf une. Les journalistes se sont repus en boucle de l’information selon laquelle la famille n’avait pas souhaité la présence de Marine Le Pen alors que celle-ci voulait assister aux obsèques. Le public de Johnny si peu multiculturel et pluriethnique, c’est pourtant en bonne majorité celui qui vote Marine.

Alain Finkielkraut a relevé que « le petit peuple des petits Blancs est descendu dans la rue pour dire adieu à Johnny. Il était nombreux et il était seul. Les non-souchiens brillaient par leur absence ». Avant de conclure : « Le divertissement prend presque toute la place, mais il ne fait plus lien. » Il a été accusé par Jean-Michel Apathie d’agiter des thèses nauséabondes et ségrégationnistes.

Le calibre de la star

On a mesuré à ce dernier adieu, la popularité unique de Johnny Hallyday. Le charisme et le calibre de la star. Aucun chanteur, aucune personnalité politique, sportive ou religieuse ne rassembleront une telle foule unissant trois générations saisies par une même émotion. C’est une page de la vie de beaucoup de Français qui se tourne.

Très bonne idée que celle des musiciens sans le chanteur, sans la voix célèbre que l’on n’entendra plus, jouant à quelques mètres de la Madeleine les musiques de Johnny que reprenait une impressionnante marée humaine à l’unisson. Bien vu aussi, évidemment, le cortège des 800 bikers et Harley Davidson accompagnant le cercueil que suivaient Læticia et ses deux filles. Quel destin incroyable, au passage, que celui des petites Jade et Joy 13 et 9 ans, nées dans un orphelinat du fin fond du Viet Nam et devenues les filles de Johnny Hallyday.

Johnny était croyant et baptisé. Il a choisi des obsèques catholiques. Des millions de Français (à l’intérieur de la Madeleine et à l’extérieur, à la télévision, à la radio) ont donc suivi une cérémonie catholique, où l’on se signait, lisait l’épître de saint Paul, récitait le Notre Père, entendait un sermon parlant de la vie éternelle et bénissait le cercueil (hésitation de Macron, reposant le goupillon sans s’en servir et qui aurait franchement gagné ainsi que son épouse, à se mettre un peu moins en avant ce jour-là). Edouard Philippe, François Hollande, Gérard Larcher et consorts (les mêmes qui se déchaussent en entrant dans une mosquée) en feront autant.

L’homélie de Mgr Benoist de Sinety, vicaire général de l’archidiocèse de Paris, a cité cette phrase du chanteur : « On peut me faire ce qu’on voudra, je resterai chrétien. Je suis sûr que Jésus, lui, ne m’en veut pas. » Sans parler de l’Ave Maria final remarquablement chanté. Un sacré exploit. Même les journalistes en ont eu (momentanément) le sifflet coupé. Ce deuil national, c’est aussi celui de la France que nous aimons.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 5 décembre 2017