Bordeaux : Des Ave Maria contre l’imam fondamentaliste – par Guy Rouvrais

Le quotidien Sud Ouest nous a appris que, jeudi soir, « plusieurs jeunes catholiques fondamentalistes » ont « perturbé » une soirée dans une église de Bordeaux. Nous ignorons ce que peuvent être des catholiques « fondamentalistes », ce n’est ni une nouvelle congrégation, ni une obédience jusqu’ici inconnue, pas plus qu’une école théologique. Toutefois le contexte nous éclaire, puisqu’il nous est dit que ces jeunes égrenaient des Ave Maria, qui est, en effet, une pratique de piété fondamentale chez les catholiques. Si fondamentalisme il y a, ce ne peut donc être que ça. Comment peut-on considérer désormais que dire le chapelet dans une église catholique serait perturbateur ? Ces jeunes voulaient seulement empêcher pacifiquement un imam de s’y exprimer. Et pas n’importe quel imam. « Scène surréaliste », commente Sud Ouest.

Dans l’église de La Trinité, 250 personnes étaient réunies à l’invitation du Service diocésain des relations avec les musulmans en Gironde (SDRM33), pour une conférence-débat sur l’altérité et la rencontre de l’autre, organisée dans le cadre de la semaine nationale islamo-chrétienne ainsi que de la Quinzaine de l’égalité à l’initiative, celle-là, de la mairie de Bordeaux. Dans ce cadre devaient s’exprimer le professeur Daniel Frey, le père Christian Alexandre et l’imam de la mosquée de Mérignac, Hassan Belmajoub.

Pour une soirée « en toute sincérité », il est intéressant de rappeler qui est Hassan Belmajdoub. Celui qui a été l’un des membres fondateurs (avec Fouad Alaoui) de la branche locale des Frères musulmans, est désormais le président de l’association des musulmans de Mérignac. Comme on peut l’entendre lors d’un entretien donné dans sa mosquée à un prédicateur radical Rachid Haddach, Hassan Belmajdoub énumère une liste de « personnalités » venues prêcher dans sa mosquée. La plupart appartiennent à la mouvance radicale ou salafiste comme Mohamed François, Nader Abou Anas ou Rachid Abou Houdeyfa.

Rachid Abou Houdeyfa est l’imam de Brest qui déclarait que « ceux qui écoutent de la musique seront transformés par Allah en singe ou en porc » ou encore à propos des femmes qui ne portent pas le voile : « elle ne doit pas s’étonner que les frères, que les musulmans ou non-musulmans abusent d’elle »!

Les jeunes catholiques placés dans les trois premiers rangs ont dès le début récité le chapelet à genoux, s’opposant pacifiquement à la venue de l’islamiste. Que faire ? Les organisateurs s’interrogent et songent d’abord à appeler la police « Au secours ! Des catholiques disent des Je vous salue Marie dans une église catholique, mais que fait la police ! » Ils y renoncent sagement, non par piété et respect du lieu de culte mais pour ne pas faire de publicité aux prétendus « perturbateurs ». Ils sont contraints de parler plus fort afin de tenter de couvrir leur voix.

Daniel Ambry, président du SDRM33, a commenté ainsi l’événement, après avoir reconnu qu’il n’y avait eu aucune agressivité : « Ce sont des gens pour qui Vatican II n’a jamais existé. Une Eglise ouverte sur le monde, ils n’en veulent pas. » Le dernier concile disait que « l’Eglise regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant » et exhortait à « oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales la paix et la liberté ». Non seulement des musulmans n’ont pas oublié le passé mais il resurgit dans sa forme la plus cruelle, le terrorisme islamiste, dans la continuité des conquêtes sanglantes de Mahomet. Là-dessus aussi Vatican II est caduc, depuis, le monde a changé, loin de l’optimisme conciliaire. Dans cette « Eglise ouverte sur le monde », des musulmans qui se moquent du dialogue œcuménique entrent pour égorger un prêtre, tel le père Hamel, ou menacer des carmélites de l’enfer, comme la semaine dernière à Verdun, si elles n’abjurent pas la foi catholique.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 21 novembre 2017