Robert Ménard

Robert Ménard : « Je suis confondu par l’archaïsme de nos droites »

Robert Ménard considère que si l’on veut gagner, il est nécessaire d’avoir le devoir de développer une vision alternative, cohérente, pragmatique, audacieuse. Il s’en explique sur le site Boulevard Voltaire.

Si l’on vous entend bien, vous voulez construire, avec Les Amoureux de la France, une autre droite…

Absolument. Une droite girondine. Une droite à la fois fière et ouverte aux autres. Une droite qui s’émeut aux vers d’Edmond Rostand mais sait être pragmatique, de bon sens. Une droite soucieuse du seul bien commun. Une droite qui refuse de se laisser enfermer dans une image ringarde qui sentirait le formol et la naphtaline. Une droite audacieuse dans les questions qu’elle pose et qu’elle se pose, iconoclaste parce que se moquant des diktats des uns et des autres, des médias et de ses pairs. Une droite qui refuse les facilités, les propos de campagne, les promesses qu’elle sait intenables. Une droite de liberté, d’exigence démocratique, profondément européenne. Pour cela, il nous faut regrouper tous ceux qui sont prêts à cette « révolution culturelle », et ils n’étaient pas tous là lors du lancement de notre plate-forme, loin s’en faut…

On vous sent de plus en plus critique à l’égard des prises de position de ceux qui sont pourtant vos partenaires politiques…

Je suis confondu par l’archaïsme de nos droites. Je constate, comme chacun, d’un côté la révolution technologique et les avancées de la science et, de l’autre, des politiques quasi muets sur les conséquences de ces changements radicaux. Quelques exemples. Aujourd’hui, une poignée d’entreprises, toutes nord-américaines, peuvent s’immiscer dans notre vie – le mot est d’ailleurs mal choisi, puisque c’est volontairement que nous leur confions notre intimité – sans que nous nous interrogions vraiment sur cette nouvelle dépendance. Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft sont le Big Brother du 1984 de George Orwell version cool, sympathique, souriante. Comment répondons-nous à ce défi, à cette ombre portée sur nos libertés ? Je n’en sais rien mais, plus grave, je ne sais pas vers qui me tourner pour m’aider à y voir plus clair. Dans un tout autre domaine, l’homme génétiquement modifié qu’on nous annonce pour demain, le transhumanisme, ne vont pas sans poser des questions, c’est le moins qu’on puisse dire. Pas un mot, si ce n’est des banalités, dans les programmes des politiques les plus proches de nous. Comme s’ils ne pensaient qu’avec des concepts du siècle passé – autant dire du Moyen Âge, à la vitesse des changements à l’œuvre…

Mais il y a d’autres priorités ! Ces questions ne sont pas le quotidien de vos électeurs…

Vous vous trompez. Si, en effet, on ne s’interroge pas, chaque matin en se levant, sur sa dépendance à l’égard des géants de la Silicon Valley, beaucoup de parents s’inquiètent, en revanche, du devenir de leurs enfants biberonnés aux écrans de toutes sortes. De même, je ne crois pas être le seul à m’effrayer de ce que nous mettons dans nos assiettes. Des produits dont, en vérité, nous ne savons pas vraiment ce qu’ils contiennent, comment ils ont été faits, par qui ils ont été fabriqués. Ce qui, me semble-t-il, n’est pas étranger à la montée en puissance et en sympathie de mouvements comme L214 ou le véganisme. Tout cela pour vous dire que nous ne pouvons nous contenter du prêt-à-penser qui nous tient lieu de viatique pour, croyons-nous, changer le monde.

Si l’on vous entend bien, vous voulez construire, avec Les Amoureux de la France, une autre droite…

Absolument. Une droite girondine. Une droite à la fois fière et ouverte aux autres. Une droite qui s’émeut aux vers d’Edmond Rostand mais sait être pragmatique, de bon sens. Une droite soucieuse du seul bien commun. Une droite qui refuse de se laisser enfermer dans une image ringarde qui sentirait le formol et la naphtaline. Une droite audacieuse dans les questions qu’elle pose et qu’elle se pose, iconoclaste parce que se moquant des diktats des uns et des autres, des médias et de ses pairs. Une droite qui refuse les facilités, les propos de campagne, les promesses qu’elle sait intenables. Une droite de liberté, d’exigence démocratique, profondément européenne. Pour cela, il nous faut regrouper tous ceux qui sont prêts à cette « révolution culturelle », et ils n’étaient pas tous là lors du lancement de notre plate-forme, loin s’en faut…

On vous sent de plus en plus critique à l’égard des prises de position de ceux qui sont pourtant vos partenaires politiques…

Je suis confondu par l’archaïsme de nos droites. Je constate, comme chacun, d’un côté la révolution technologique et les avancées de la science et, de l’autre, des politiques quasi muets sur les conséquences de ces changements radicaux. Quelques exemples. Aujourd’hui, une poignée d’entreprises, toutes nord-américaines, peuvent s’immiscer dans notre vie – le mot est d’ailleurs mal choisi, puisque c’est volontairement que nous leur confions notre intimité – sans que nous nous interrogions vraiment sur cette nouvelle dépendance. Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft sont le Big Brother du 1984 de George Orwell version cool, sympathique, souriante. Comment répondons-nous à ce défi, à cette ombre portée sur nos libertés ? Je n’en sais rien mais, plus grave, je ne sais pas vers qui me tourner pour m’aider à y voir plus clair. Dans un tout autre domaine, l’homme génétiquement modifié qu’on nous annonce pour demain, le transhumanisme, ne vont pas sans poser des questions, c’est le moins qu’on puisse dire. Pas un mot, si ce n’est des banalités, dans les programmes des politiques les plus proches de nous. Comme s’ils ne pensaient qu’avec des concepts du siècle passé – autant dire du Moyen Âge, à la vitesse des changements à l’œuvre…

Mais il y a d’autres priorités ! Ces questions ne sont pas le quotidien de vos électeurs…

Vous vous trompez. Si, en effet, on ne s’interroge pas, chaque matin en se levant, sur sa dépendance à l’égard des géants de la Silicon Valley, beaucoup de parents s’inquiètent, en revanche, du devenir de leurs enfants biberonnés aux écrans de toutes sortes. De même, je ne crois pas être le seul à m’effrayer de ce que nous mettons dans nos assiettes. Des produits dont, en vérité, nous ne savons pas vraiment ce qu’ils contiennent, comment ils ont été faits, par qui ils ont été fabriqués. Ce qui, me semble-t-il, n’est pas étranger à la montée en puissance et en sympathie de mouvements comme L214 ou le véganisme. Tout cela pour vous dire que nous ne pouvons nous contenter du prêt-à-penser qui nous tient lieu de viatique pour, croyons-nous, changer le monde.

Extraits d’un entretien avec Robert Ménard
publié par Boulevard Voltaire