Ouragan Irma : l’Etat a-t-il failli ?

Accusé depuis plusieurs jours par l’opposition d’incompétence et d’impréparation face à l’ouragan Irma qui a totalement dévasté mercredi dernier les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, le gouvernement s’est dit prêt lundi à accepter la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de cette catastrophe naturelle.

« Scènes de violences et de pillages »

Rappelons que l’ouragan Irma, né fin août au large des côtes africaines et qui a ravagé depuis plus d’une dizaine de territoires entre le Cap-Vert et la Floride, en faisant au moins une quarantaine de morts sur son passage, continuait toujours sa route lundi vers le nord de la Floride. Or, dans sa course folle, Irma traversait mercredi dernier l’île française de Saint-Barthélemy, puis celle franco-néerlandaise de Saint-Martin, avec des rafales atteignant 360 km/h ! Des vents violents qui ont causé à Saint-Barthélemy la mort d’une quinzaine de personnes et plus d’un milliard d’euros de dégâts, puis dix morts dans la partie française de Saint-Martin, et des dégâts évalués à 1,2 milliard d’euros. Mais, outre les ravages résultant de son passage, cet ouragan a donné lieu à d’importantes scènes de pillages.

Aussi, plusieurs élus de l’opposition ont-ils rapidement dénoncé l’impréparation de l’Etat. Dont Sébastien Chenu (FN) qui, après avoir observé que « les scènes de violences et de pillages menées par des bandes armées terrorisant la population signent une absence totale d’anticipation des plus hautes autorités de l’Etat dans la gestion du plus violent ouragan de l’histoire aux Antilles Françaises », a annoncé avoir officiellement demandé l’ouverture d’une commission d’enquête sur la gestion de la crise. Demande également effectuée par Eric Ciotti et Jean-Luc Mélenchon.

« Critiques déplacées » ?

Des reproches qui ont bien sûr immédiatement suscité l’« indignation » des membres du gouvernement. Certains, tel le ministre des Outre-mer Annick Girardin parlant de « critiques déplacées ». D’autres, comme Edouard Philippe, allant jusqu’à expliquer lamentablement avoir parfois « le sentiment qu’alléchés par la souffrance, (les élus de l’opposition) bondissent sur l’opportunité d’une polémique politicienne »…

Reste que, à écouter le président de l’Assemblée et le ministre de l’Intérieur, le principe de l’ouverture prochaine d’une commission d’enquête semblait acquis lundi. Estimant qu’« il vaudrait mieux éviter de polémiquer immédiatement sur ces catastrophes », François de Rugy ajoutait cependant : « Après, qu’il y ait une commission d’enquête parlementaire je trouverais ça tout à fait normal. Chaque groupe peut créer au moins une commission d’enquête parlementaire par an donc il n’y a aucun problème ». Quant à Gérard Collomb, interrogé à ce sujet dans la matinée sur France 2, il devait indiquer que « nous sommes pour l’évaluation et donc nous acceptons volontiers une commission parlementaire ».

Franck Delétraz

Article paru dans Présent daté du 13 septembre 2017