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Jérôme Rivière : « On va vers une armée qui ne sera bientôt plus opérationnelle »

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Jérôme Rivière

19/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Pour Jérôme Rivière, le conseiller Défense de Marine Le Pen, qui fut rapporteur des crédits d’équipement de la commission des forces armées de l’Assemblée nationale après avoir été chef de cabinet du ministre de la Défense, le général Pierre de Villiers n’a fait que son devoir en s’exprimant devant les députés. Il aurait même failli en se taisant. Le véritable scandale est l’état dans lequel se trouvent nos armées et le démantèlement de notre industrie d’armement, sur lesquels il s’exprime longuement dans l’hebdomadaire Minute de cette semaine. Extraits :

« A mon sens, avec cette réduction de 850 millions d’euros, on a dépassé l’os. Déjà, on a un taux d’indisponibilité des hélicoptères de 70 %, parce qu’on n’a pas les moyens de les réparer. Déjà, on a un manque criant de munitions. On va vers une armée qui ne sera bientôt plus opérationnelle.

On est en train de suivre la pente qu’ont suivie les Britanniques après leurs opérations en Afghanistan. On arrive à ce qu’on appelle un déclassement. C’est-à-dire qu’on ne sera plus en capacité de projeter des forces. Elles seront mentalement et matériellement épuisées.

Plus grave encore, en raison du suremploi des hommes, ceux-ci n’ont plus assez de formation et guère plus d’entraînement. Sans formation et sans entraînement, ils seront de moins en moins bons pour effectuer les missions qui leur sont confiées. Si on continue à les exposer dans de telles conditions, on aura de plus en plus de pertes. […]

En France, on a l’impression que les Allemands ne pensent qu’à coopérer du mieux possible avec nous. C’est une vision très éloignée de la réalité et pour tout dire prétentieuse – ou naïve. Ainsi les 10 et 11 juillet derniers, les militaires du Pentagone sont venus présenter leur chasseur-bombardier de dernière généraion JSF-35 aux Allemands, ce qui prouve à tout le moins que ceux-ci réfléchissent à des offres qui ne sont pas nécessairement françaises…

Il faut aussi savoir, concernant Airbus, qu’aujourd’hui il n’y a plus de Français dans aucun poste stratégique du groupe, et qu’on a même confié la R&D à un Américain, ancien de l’équivalent de notre DGA aux Etats-Unis ! C’est gravissime.

La souveraineté nationale de la France et son corollaire, l’indépendance nationale, sont en train d’être mises à mal, pour ne pas dire mises à terre, par une vision européiste fédérale.

Le projet porté par Emmanuel Macron est de rendre impossible le retour à un Etat national français. Cela se poursuivra, et se terminera, avec la dissuasion nucléaire. Sous couvert d’effort budgétaire, on nous expliquera que cela coûte extrêmement cher et que, cela n’étant pas indispensable, on peut en faire l’économie. D’autant que pour pouvoir maintenir la dissuasion, nous allons devoir en augmenter le budget. Alors on nous « démontrera », peu à peu, que ce n’est qu’un hochet très coûteux…

Après Monsieur Hulot qui nous explique qu’il faut renoncer au nucléaire civil, un autre Hulot, ou peut-être Emmanuel Macron en personne, viendra nous expliquer qu’il faut renoncer au nucléaire militaire. »

Extraits d’un entretien à lire dans son intégralité
dans Minute n° 2831 du 19 juillet 2017