Lahoo Samsooryamal

Hongrie : le procès du « camion charnier » bourré de migrants

Au 12 juillet, le procès de Kecskemét, dure depuis trois semaines. Et chaque jour y dévoile l’ampleur criminelle du trafic de réfugiés, auquel a décidé de mettre un terme le gouvernement hongrois de Viktor Orban. Un empêcheur de tourner en rond pour sûr.

En août 2015, en effet, les corps de 71 réfugiés étaient retrouvés dans un camion frigorifique abandonné près de la frontière entre la Hongrie et l’Autriche. Deux ans plus tard, le procès du réseau de passeurs se tient devant un tribunal hongrois. Ce groupe, dirigé par un Afghan entouré de Bulgares, avait méthodiquement organisé ce trafic d’êtres humains, aussi criminel que lucratif. Dans leur camion étaient transportés vers l’Autriche, et furent atrocement asphyxiés, ces immigrés illégaux, hommes, femmes, enfants, originaires de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan et d’Iran.

Le chef du réseau est revêtu d’une tunique rouge, verte et noire. Il s’avance en souriant devant les trois juges. C’est un Afghan de 30 ans qui s’appelle Lahoo Samsooryamal (photo).

Il brandit un cahier où est écrite en arabe l’invocation Allahu Akbar, accompagnée d’une inscription en pachtoun : « Je ne suis ni meurtrier ni oppresseur. »

Accusé d’être son bras droit, Metodi Ivanov Georgiev, est un Bulgare de 31 ans qui faisait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt en Bulgarie lors de son arrestation en août 2015. Il fait profil bas. Suivent deux autres accusés bulgares. Venceslav Todorov Borisov, 38 ans, accompagnait, en éclaireur, le « camion charnier » sur l’autoroute. Ivaljo Nelev Stojanov, 25 ans, était le chauffeur du convoi. Les quatre hommes encourent une peine de réclusion à perpétuité.

Saleh Kasim Hassan, 51 ans, ressortissant libano-bulgare, était, lui, chargé de se procurer et d’immatriculer les camions achetés par Lahoo Samsooryamal. Cinq autres inculpés bulgares suivaient, qui ont tous participé aux transports de réfugiés…

Article paru dans Présent daté du 18 juillet 2017