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Eric Zemmour : « Bayrou est le chaînon manquant entre Giscard et Macron »

20/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Par la grâce du pacte conclu entre Emmanuel Macron et François Bayrou, le MoDem va disposer d’un groupe d’une cinquantaine de députés à l’Assemblée nationale. Une grande première, sous la supervision d’un vieux cheval de retour béarnais, qui a inspiré ce matin Eric Zemmour sur RTL :

« Les Trois mousquetaires étaient des Béarnais, comme François Bayrou. Il en a conservé le caractère, le goût des duels, à fleurets pas toujours mouchetés ; mais aussi un penchant irrésistible pour la vantardise. »

Car « quand Bayrou déclare que “c’est le groupe MoDem historiquement le plus fort qu’on ait connu“, il oublie seulement de préciser qu’il n’y a jamais eu de groupe MoDem à l’Assemblée nationale. » Eh oui ! Bayrou a dû confondre avec le groupe UDF, qu’il était parvenu en un rien de temps à ramener de 100 députés… à un seul !

Toujours est-il, estime Zemmour, que « pour le mousquetaire Bayrou, c’est Vingt Ans après. Pour le parti centriste, c’est une résurrection. Bayrou vous expliquera qu’il n’a jamais cessé de croire cette résurrection possible, ce qui est somme toute normale pour un démocrate-chrétien. […] Ce retour en majesté des centristes à l’Assemblée sonne comme le retour du comte de Monte-Cristo à Paris. […] Monte-Cristo tue tous ceux qui l’ont trahi, Bayrou aura plaisir à se venger de ses anciens amis centristes en les accueillant dans la nouvelle majorité. Tous ceux qui s’appellent “Les Constructifs“ et qui sont surtout Les Inutiles. Bayrou les embrassera pour mieux les tuer. »

Plus profondément, analyse l’éditorialiste, « Macron a réalisé le rêve qu’a porté Bayrou pendant vingt ans : celui d’une coalition mariant enfin le centre-droit et le centre-gauche. Ce que n’avait pas osé Jacques Delors dans les années 1990 et ce qu’avait raté Giscard dans les années 1970. Une France gouvernée au centre qui se fond dans une Europe fédérale. »

Eric Zemmour explique :

« Macron reprend le manche à l’endroit exact où Giscard l’a laissé il y a quarante ans. Un manche technocratique très français, mais paré des oripeaux de libéralisme anglo-saxon ou de social-démocratie à la scandinave. »

Et dans ce cadre,

« Bayrou est le chaînon manquant entre Giscard et Macron. Celui qui signale que Macron a un passé idéologique et sociologique ancré dans cette droite orléaniste qui a toujours rêvé de se réconcilier avec la démocratie-chrétienne partie à gauche. »

Mais attention aux conséquences, met en garde Eric Zemmour :

« Bayrou est un homme de l’ancien monde. Bayrou est la preuve qu’il y a de la politique ancienne dans Macron alors que le nouveau président surjoue l’homme neuf et que ses députés sont sans histoire ni mémoire. »

Conclusion, pas encore en forme d’épitaphe mais cela ne saurait peut-être tarder :

« Bayrou est le carbone 14 de Macron. C’est la force et la faiblesse de Bayrou. Une mémoire, on la célèbre ou on l’efface, selon les besoins et les intérêts du moment… »