Chard Migrants Canot

Immigration clandestine : c’est la faute des canots pneumatiques chinois !

Ce n’est pas une blague : l’UE demande à la Chine d’arrêter la vente de canots pneumatiques chinois aux réseaux de passeurs ! Il s’agit des canots pneumatiques qui ont remplacé les embarcations en bois pour le transport des « migrants » depuis que les ONG européennes viennent chercher les clients des passeurs à proximité des côtes libyennes. En mars, la presse italienne dénonçait la présence, sur le service chinois de vente en ligne Alibaba, d’annonces proposant des « canots de sauvetage gonflables pour réfugiés » (sic) à un prix compris entre 300 et 500 euros, payable par la Western Union, avec livraison à 30 jours !

Avec cela, plus besoin pour les passeurs de récupérer les bateaux comme sur cette séquence photo datant de 2015 qui fait le tour des sites d’information sur internet en ce moment. On y voit l’ONG MOAS du milliardaire américain Chris Catrambone récupérer sur son navire, Le Phoenix, la cargaison humaine des passeurs libyens, puis les passeurs qui remorquent la grosse barque laissée vide. Des photos qui illustrent bien les accusations du parquet italien sur les contacts directs entre certaines ONG et les passeurs.

Aujourd’hui, la méthode a évolué et voici donc que le commissaire européen pour les questions d’immigration, le Grec Dimitris Avramopoulos, voudrait que la Chine mette fin à ce commerce de canots pneumatiques fabriqués sur son territoire tout spécialement pour le juteux marché des passeurs. L’année dernière, les gardes-côtes libyens en ont récupéré plus d’un millier en mer. Le commissaire Avramopoulos a donc discuté de cette question avec Guo Shengkun, le ministre chinois de la Sécurité publique.

Néanmoins, même à supposer que les Chinois mettent fin à leur production, ce dont il est permis de douter, il s’en trouvera d’autres pour produire et vendre de tels canots ou d’autres types d’embarcation, et il n’existe qu’une seule manière de mettre fin à ce commerce de bateaux qualifiés par Avramopoulos « d’outils dangereux entre les mains de passeurs sans scrupule ». Ce serait tout simplement de fermer les frontières des pays de l’UE et de débarquer les candidats à l’immigration illégale repêchés au large des côtes libyennes en Afrique du Nord (par exemple, et conformément au droit international, dans les ports tunisiens plus proches que les ports italiens). Mais de cela, les leaders européens actuels ne veulent pas entendre parler.

Olivier Bault

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 10 mai 2017