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Sans les trolls de gauche, François Fillon l’emportait avec 80 % des voix !

14/12/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Dans une longue interview au journal Monde & Vie, Bruno Larebière explique que la victoire de François Fillon à la primaire de la droite face à Alain Juppé est encore plus large qu’on ne le croit, car, sans les électeurs de gauche, il l’aurait emporté avec près de 80 % des voix. Extrait :

monde-et-vie-fillon« Au premier tour, Fillon a clairement bénéficié d’un vote de rejet de la personne de Nicolas Sarkozy, élu en 2007 sur son énergie et sa promesse de rupture avec Mai 68, battu en 2012 et éliminé de la primaire avec un score chiraquien sur son agitation permanente, son inconstance, sa dévalorisation de la fonction présidentielle et son implication dans les “affaires“.

Le second tour de la primaire, en revanche, est venu établir que si l’électorat de droite avait voulu se défaire de Nicolas Sarkozy une semaine plus tôt, François Fillon lui étant apparu, sur la base des sondages, comme le meilleur instrument pour s’en débarrasser, il ne rejetait pas l’ensemble de son œuvre, sinon son premier ministre aurait à son tour subi ses foudres. Or non seulement Fillon l’a emporté 66,5 % des suffrages face à Alain Juppé dans un climat digne de l’entre deux tours de la présidentielle de 2002, la reductio ad hitlerum de Jean-Marie Le Pen étant juste remplacée par une reductio ad petainum de Fillon, mais je me suis livré à un petit calcul assez éclairant.

Si l’on retranche des résultats de ce scrutin les 15 % d’électeurs de gauche qui sont venus voter, soit 600 000 personnes dont on voit mal comment elles auraient pu apporter ne serait-ce qu’une part marginale de leurs suffrages à François Fillon, le triomphe tourne au plébiscite. Sur les seuls électeurs de droite – et même du centre –, François Fillon l’a emporté face à Alain Juppé avec près de 80 % des voix !

Dire, en citant Paul Claudel, que François Fillon “sorti premier d’un concours de circonstances“ est fort drôle mais je pense que cette appréciation minimise grandement que ce second tour vit s’opérer un véritable choix politique en faveur de celui qui avait déclaré entre les deux tours, sous les ovations de la foule, porter un projet “qui ne cherche ni à imiter la gauche ni à lui plaire“, “un projet qui assume sa radicalité“. C’est bien celui qui a été perçu comme le “candidat de droite, porté par un peuple de droite, avec un programme pour la France“, qui a triomphé de celui qui, au même moment, se flattait de pouvoir “rassembler la droite et les centres“, dans une méconnaissance totale de la sociologie électorale du pays.

Je rappellerai également que, des mois durant, il nous fut expliqué que plus le corps électoral de la primaire serait large – au-delà de 3 millions de participants nous disait-on –, plus la victoire d’Alain Juppé serait assurée, tandis qu’un corps électoral restreint à noyau dur assurerait le succès de Nicolas Sarkozy. Or il y a eu au moins 4,4 millions d’électeurs – sans doute plus si l’on comptabilise ceux qui n’ont voté qu’à un seul des deux tours – et Alain Juppé, le candidat chéri des médias, l’homme qui donnait à la “droite“ l’assurance d’accéder à la présidence de la République quel que soit le candidat, PS ou FN, qui lui serait opposé, l’homme de la pensée consensuelle, a été laminé. Traduction : le “peuple de droite“ s’est mobilisé et a voté à droite. Je ne sais pas si cette poussée de la droite est “irrésistible“, elle est en revanche manifeste, et massive, dans la victoire de François Fillon. »