Résistance des crèches : Strasbourg se soumet

Vive émotion en ce mois de décembre à Strasbourg où la mairie a fait retirer le portique illuminé Christkindelsmärik (« marché de l’enfant Jésus ») à l’entrée du Marché de Noël et supprimer la crèche place Kléber.

Officiellement, le portique aurait été retiré pour « faciliter l’accès des services de secours » dans le cadre du dispositif sécuritaire renforcé cette année. En réalité, protestent les militants régionalistes sur les réseaux sociaux, rien n’empêchait de placer ailleurs cette célèbre arcade en dialecte alsacien, nom donné au traditionnel marché de Noël qui se tient depuis 1570 à Strasbourg où il a longtemps été le seul. Rien, si ce n’est son triomphalisme choquant et nauséabond ! Le maire socialiste Roland Ries y a vu une bonne occasion de tout liquider, y compris la crèche place Kléber. Elle n’entre pourtant pas dans le champ des interdictions du Conseil d’Etat puisque « l’exception culturelle et festive » requise, est ici caractérisée, évidemment, sur le Marché de Noël de Strasbourg.

« En effet, il semble que Monsieur Ries, le maire de Strasbourg, ne veuille pas choquer une “certaine communauté” », commentent des Strasbourgeois : « Nous, dissidents alsaciens, tenons à dénoncer cet agissement plein de lâcheté, inspiré par la traîtrise et l’abandon de notre identité. Nous ne resterons pas sans rien faire. Nous défendrons notre identité contre tous ceux qui veulent la détruire. »

Dans le même temps, la mairie lance et finance pour 70 000 euros une « alternative au Noël traditionnel » avec « le marché off » place du Grimmeissen près de la Petite-France, où les chalets en bois et les santons de la crèche ont été remplacés par des containers. Le Marché off se fait fort de proposer « d’autres produits, d’autres valeurs fondamentales » : « L’opportunité de vivre les fêtes de fin d’année sous un autre angle, celui de l’achat responsable, grâce à un marché avec des acteurs de l’économie sociale et solidaire où vous découvrirez des modes de consommation, des produits variés, éthiques, responsables et originaux qui font sens. » C’est vrai que ça fait envie.

Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, a déclaré lors des discours inauguraux que cet événement peut permettre de « réconcilier les Strasbourgeois avec le Marché de Noël ». De quels Strasbourgeois parle-t-il exactement ?

Caroline Parmentier

Article et dessin parus dans Présent daté du 13 décembre 2016