Primaire de la droite et du centre : premier bilan

Source : Boulevard Voltaire – “Primaire de la droite et du centre : premier bilan”

Nous sommes encore loin du dénouement de ce feuilleton à multiples rebondissements.

Dimanche soir, sondeurs et journalistes n’étaient pas vraiment à la fête ; les premiers, surtout, qui, après victoires du Brexit et de Donald Trump, n’ont pas vu venir celle de François Fillon (44,2 %) au première tour de la primaire de la droite et du centre. Certes, la remontée brutale de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote ne leur avait pas échappé et leur ultime pronostic de vendredi se trouvait globalement confirmé dans les urnes de ce dimanche.

Les médias dominants, eux, n’ont pas cette excuse, ce, d’autant plus qu’ils étaient à la fois juge et partie, menant campagne pour le seul Alain Juppé (28,3 %), grand perdant de cette soirée électorale avec Nicolas Sarkozy (21,09 %), évidemment.

L’un est blessé dans son orgueil. Le « meilleur d’entre nous » se retrouve aujourd’hui surtout seul entre tous, puisque ne bénéficiant pour l’instant que du soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet (2,5 %). L’autre, plus que blessé, est virtuellement mort, venant de faire une seconde fois ses adieux à la vie politique, tout en assurant François Fillon de son soutien, au même titre que Bruno Le Maire (2,4 %).

Le très possible vainqueur du second tour de ce dimanche prochain avait le triomphe modeste, tout en retenue, comme d’habitude.
Le secret de sa réussite, à n’en point douter, qui lui a ainsi permis de creuser son sillon, entre « identité heureuse » et « double ration de frites ». Il devrait, d’ailleurs, obtenir le ralliement de Jean-Frédéric Poisson (1,5 %).

Après, François Fillon, le perdreau de l’année ? Sachons raison garder. Certes, ses positions prudentes en matière sociétale lui ont assuré une grande partie de la droite conservatrice. Mais promouvoir un programme économique fortement teinté de libéralisme thatchérien n’en fait pas exactement l’homme du renouveau, surtout en une époque où, à l’échelle mondiale, la demande des peuples est forte en matière d’État stratège et protecteur, d’autorité plus que de laisser-faire, de frontières plutôt que de libre-échangisme…

Hier soir, Marine Le Pen était plus qu’en embuscade, absente des plateaux, mais omniprésente dans les débats. Nous sommes encore loin du dénouement de ce feuilleton à multiples rebondissements.

Nicolas Gauthier