Remue ménage autour du fichage des Français

08/11/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)

Le lancement prévu ce mardi du fichier dit « Titres électroniques sécurisés » fait polémique

En effet, le lancement pilote du fichier « Titres électronique sécurisés » dans les Yvelines prévu aujourd’hui même déchaîne les passions. Au cœur de la polémique, la nature même de ce fichier ainsi que les conditions de sa création. En effet, ce fichier géant a été créé dans une certaine opacité par un décret gouvernemental paru au Journal Officiel le 30 octobre dernier.

Nous avons donc pu assister à une véritable passe d’armes au sein du gouvernement à ce sujet

En effet, l’opposition à ce projet a atteint son paroxysme hier lorsque le Conseil national du numérique, un organe consultatif sur les questions numériques, a réclamé la suspension du projet en déplorant l’absence de débat public et de concertation ministérielle autour du projet. La secrétaire d’Etat au numérique, Axelle Lemaire, s’est fait écho de cette prise de position et a également réclamé une suspension de la mise en œuvre du projet de fichier TES. Bernard Cazeneuve s’est empressé de répondre au Conseil national du numérique et à Axelle Lemaire en déclarant que les étapes du travail interministériel avaient été respectées et que le projet s’était lancé dans la transparence, avant d’ajouter ne pas vouloir « entrer dans des polémiques inutiles » et de rappeler à Axelle Lemaire : « Le gouvernement, c’est la solidarité ».

Quels sont les enjeux de ce fichier TES ?

Pourtant, ce fichier est loin d’être anodin et n’est certainement pas à prendre à la légère, la CNIL regrettant notamment qu’il se soit créé en dehors de tout débat public et parlementaire. En effet, il s’agit ni plus ni moins de réunir au sein d’une unique base de données toutes les informations biométriques, à savoir entre autres la taille, la couleur des yeux ou encore les empreintes digitales ainsi que toutes les informations personnelles, comme l’adresse ou l’identité des parents, de tous les Français détenteurs d’un passeport ou d’une carte d’identité. Au moins 60 millions de personnes seraient concernées. Si le but avoué de ce fichier est de simplifier les procédures de renouvellement des pièces d’identité et d’éviter la fraude, il représente aussi une mine d’or pour les forces de l’ordre qui pourront y puiser directement toutes les informations sur une personne. Pire encore, à l’heure des cyberattaques et du piratage informatique, cette base de données unique représente une cible de choix et un point faible évident, mettant en danger l’intégralité des informations personnelles relatives à l’identité des Français. On comprend donc mieux que l’absence totale de débat public et parlementaire autour de ce fichier soit un scandale !