La police ne se couche pas

Le mai 68 des policiers, comme l’ont titré nos confrères de Riposte Laïque, fait peur au gouvernement. Avec ce sentiment que plus personne ne contrôle la base. Assumant d’être dans l’illégalité parce qu’il n’y a plus le choix, affranchi des ordres des syndicats (le mouvement est beaucoup plus politique que social) défiant leur hiérarchie (l’image de la voiture du DGPN Jean-Marc Falcone traversant la foule sous les huées et les sifflets, aux cris de « démission », c’est du jamais vu) quelle va être la prochaine étape ?

En juin dernier, après l’égorgement à leur domicile des policiers de Magnanville et la prise d’otage de leur fils de trois ans, lors de l’hommage à Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, l’hostilité des policiers dans leur douleur, était palpable. Personne n’a oublié l’image forte de ce gardien de la paix appuyé sur des béquilles refusant ostensiblement de serrer la main de Hollande, Valls et Cazeneuve. Il a fait ce jour-là ce que tous ses collègues avaient envie de faire. Plusieurs mois après, alors que le gouvernement les a laissés se faire passer à tabac, harceler, blesser parfois grièvement en toute impunité pendant des semaines par les milices antifas en plein état d’urgence, rien n’a changé : les petits barbares issus de l’immigration brûlent les flics dans leurs voitures en bloquant les portières. Les 15 agresseurs n’ont toujours pas été retrouvés.

Lors de la première manifestation lundi dernier, les policiers se sont rendus devant l’hôpital où se trouvent Vincent et Jennyfer pour leur rendre hommage avant de prendre la direction des Champs-Elysées. Quand ils ont chanté La Marseillaise en bas de l’établissement, les infirmières sont venues chercher Jennyfer très émue, Vincent, lui, était encore plongé dans un coma artificiel. Les policiers ne veulent plus choisir entre le cercueil ou la « bavure » qui leur vaudra le lynchage politique, judiciaire et médiatique.

Des forces de l’ordre très Bleu Marine

Jean-Christophe Cambadélis voit derrière ce mouvement qu’il a qualifié de « hors-la-loi », la « patte » du Front national. « Pas de patte mais un soutien sans faille, face à un pouvoir qui a manifestement de la haine pour la police » a répliqué Florian Philippot. Il faut dire que le niveau de sympathie des policiers pour le FN n’a jamais été aussi haut. Benoît Hamon s’est inquiété que « ceux qui ont le monopole de la force, en notre nom », soient 57 % à déclarer qu’ils vont voter Marine Le Pen (selon l’étude Cevipof rendue publique il y a une semaine). Ils étaient 30 % en 2012. Sur le terrain, lorsque les candidats FN sont en campagne, il n’est plus rare de voir des policiers en civil et même en uniforme, venir les saluer et les remercier.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 25 octobre 2016