La presse en France : encore plus de subventions, mais toujours moins de liberté !

La presse en France : encore plus de subventions, mais toujours moins de liberté !

30/01/2015 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
Une des conséquences de l’attentat subi par l’hebdomadaire Charlie Hebdo aura été d’avoir fortement accru son tirage, au moins pour le numéro du 14 janvier. Avec 7 millions d’exemplaires vendus, il a gagné plusieurs millions d’euros.

Pourtant, Fleur Pellerin a annoncé vouloir subventionner encore plus la presse !
Ce qui est curieux, car jusqu’à peu, même sans ressources publicitaires, Charlie Hebdo refusait toute aide publique pour pouvoir conserver son indépendance. Néanmoins, il y a quelques jours, la ministre de la Culture a promis d’élargir le système des aides à la presse afin d’en faire bénéficier les hebdomadaires et les mensuels.

Le système de subventions distribue déjà 2 milliards d’euros !
Mais il ne concerne que la presse quotidienne, que le public boude de plus en plus. Le citoyen paye, quoi qu’il fasse, pour des journaux dont il ne partage ni l’orientation politique, ni le style. Pourtant, la qualité ne semble pas vraiment au rendez‑vous.
L’argument employé ici par la ministre est celui du « soutien au pluralisme de la presse ».

Mais ce pluralisme, donc, la liberté de la presse, est‑il vraiment pleinement assuré, en France ?
Pas vraiment. Selon l’édition 2014 du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières, qui compare la liberté et la qualité de la presse dans le monde, la France n’est que 39e…

Le pays des droits de l’homme, du vivre‑ensemble où tout le monde est Charlie est derrière la Suisse ou la Pologne, mais aussi la Jamaïque ou la Namibie… Et la France perd des places dans ce classement.

Une place médiocre pour un pays dont les dirigeants se vantent de ses principes de liberté
En réalité, on constate l’avalanche de lois qui restreignent tous les jours un peu plus la liberté d’expression. Et cela est renforcé depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, avec le contrôle accru d’Internet.

Tout se passe en pratique comme si les subventions jouaient le rôle de déterminer quel journal peut vivre ou non, à l’abri des contraintes de marché. Cette situation où le gouvernement achète la presse en échange de ses attaques contre les libertés n’est guère favorable à un réel pluralisme.

Crédit photo : Raphaël V., via Flickr, (cc).