Aymeric Chauprade sur le Kosovo : « non à la folle course à l’élargissement »

26/01/2015 – BRUXELLES (NOVOpress) – Le député européen Aymeric Chauprade (FN) prend position sur le processus d’intégration européenne du Kosovo.


La commission des affaires étrangères débat actuellement d’un projet de proposition de résolution sur le processus d’intégration européenne du Kosovo. Une fois de plus, l’Union européenne continue sa folle course à l’élargissement, en dehors de tout principe de réalité.

Pourtant, comme le souligne le projet, aujourd’hui il y a encore 5 États membres de l’Union européenne qui ne reconnaissent pas l’indépendance de cette région, qui fut le cœur historique et religieux de la Serbie.

Mais le Parlement européen semble vouloir poursuivre la politique de déstabilisation des Balkans menée par les États-Unis depuis le milieu des années 90. Pour rappel, lors de cette guerre meurtrière une “déserbiefication” à marche forcée fut menée : entre 1999 et 2004, sur les 235 000 Serbes, Tziganes, Goranis et Turcs chassés du Kosovo après les accords de Kumanovo, seuls 12000 ont pu revenir ; 1200 serbes ont été assassinés, 2300 kidnappés ; plus de 150 églises et monastères furent détruits et 40 000 maisons furent brûlées ou détruites à l’explosif.

Au-delà de ce drame humain, le projet de proposition de résolution du Parlement européen se place hors de tout réalisme géopolitique : l’Union européenne prétend ainsi intégrer une entité qui n’est toujours pas reconnue officiellement par les nations unies.

De plus, comme l’a montré le rapport Dick Marty, rédigé par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe en 2011, le Kosovo est un narco-État, où sévissent les trafics en tous genres, trafic de drogue, d’armes, mais également d’organes humains.

Pourtant, le rapporteur de ce projet de proposition de résolution, Ulrike Lunacek – cette député vert à l’origine notamment des fameux rapports pro “Théorie du Genre” lors de la dernière législature – se félicite de la constitution du parlement et de la nomination d’un gouvernement kosovar où sont représentés plusieurs membres de l’UCK, – l’organisation des séparatistes albanais du Kosovo – qui, s’ils ne sont reconnus coupables des crimes sus-mentionnés, sont à tous le moins frappés d’accusations de corruption. Madame Lunacek et les autres parlementaires qui s’apprêtent à voter ce texte, souhaitent ainsi enclencher le processus de libéralisation de visas et se gargarisent de l’accord d’association entre l’UE et le Kosovo, paraphé en juillet 2014.

Résumons : le Parlement européen se réjouit donc de l’adhésion prochaine d’un État mafieux et qui ne dispose pas d’une pleine légitimité sur la scène internationale. Tout cela pour quoi ? Au nom du refus d’un monde multipolaire, au nom de l’idéologie de l’élargissement à tous prix.

Dans les prochains jours, je tâcherai donc, avec mes alliés au Parlement, d’amender voire de faire échouer ce texte, contraire au principe de realpolitik. Je m’y opposerai avec d’autant plus de force que cette reconnaissance et intégration du Kosovo musulman au détriment de la Serbie orthodoxe se fait, une nouvelle fois, dans une volonté d’encerclement de la Russie par la soumission de ses pays voisins aux intérêts américains. N’oublions pas que ces derniers ont notamment soutenu le projet de pipeline AMBO, source inépuisable de pétro-dollars et qui permet d’échapper à l’influence russe dans le domaine énergétique.

Parce qu’il est dans l’intérêt de la France de défendre une conception multipolaire des affaires internationales, parce qu’on ne peut se réclamer de la souveraineté et cautionner cette mise au pas de pays qui furent autrefois de précieux alliés pour la France, le devoir de chaque député patriote est donc de faire échouer ce texte. C’est la tâche qui m’attend dans les semaines à venir.

Aymeric Chauprade
aymericchauprade.com

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