Législatives en Grèce : large victoire de Syriza, mouvement de la gauche radicale

Législatives en Grèce : large victoire de Syriza, mouvement de la gauche radicale

26/01/2015 -ATHENES (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation)
Le parti de la gauche radicale Syriza est arrivé hier en tête des élections législatives, mais sans majorité absolue. C’est la raison pour laquelle il s’associe avec les Grecs indépendants (droite souverainiste proche de Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan) en vue de former un nouveau gouvernement.

La victoire était attendue ; Syriza est arrivé en effet en tête des élections législatives avec 6 points d’avance sur son concurrent de droite, Nouvelle Démocratie. Le parti de droite du Premier ministre Antonis Samaras, Nouvelle Démocratie, arrive en seconde place avec 29 % des suffrages. Avec 6,3 % des voix, le parti d’extrême-droite Aube Dorée atteint la troisième place. Le parti socialiste, Pasok, pilier de la vie politique grecque pendant 40 ans n’obtiendrait pas de siège, ce qui constitue une défaite historique.

Alexis Tsipras (photo), le “patron” de Syriza, devient, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Grèce depuis 150 ans.

Quel était le contexte de cette élection ?

Ce scrutin avait d’abord pour but de sortir les institutions de l’impasse dans laquelle elles se trouvent depuis le 29 décembre dernier, lors duquel le président de la République n’a pu être désigné faute de majorité qualifiée, ce qui a entraîné mécaniquement la dissolution du Parlement 10 jours plus tard. L’objectif de ces élections législatives anticipées était donc de dessiner une majorité plus affirmée qui serait ensuite capable de désigner un président et de sortir la Grèce de l’impasse politique.

Pour ce faire, les Grecs semblent avoir placé leurs espoirs en Syriza, littéralement “coalition de la gauche radicale” en grec. Une formation politique qui bénéficie d’une popularité grandissante depuis le lancement du premier plan d’austérité, en 2010. A sa tête, Alexis Tsipras, jeune leader charismatique, dont le programme socio-économique se situe aux antipodes de la cure d’austérité appliquée par Samaras et le parti conservateur actuellement.

Ces résultats constituent-ils un tournant pour la Grèce ?

Il n’est pas impossible que la Grèce passe de l’austérité menée par les conservateurs à une politique de relance. Parmi les mesures principales du programme de Syriza, une hausse du salaire minimum, l’annulation pure et simple des deux tiers de la dette publique, des aides aux retraités, la levée du plafond d’imposition à 12.000 € de revenus contre 5.000 aujourd’hui.

L’autre enjeu de l’élection, directement lié à la performance de Syriza, concerne l’Union européenne et les acteurs des marchés qui risquent de réagir plus ou moins favorablement, entrainant une hausse, un maintien, ou une chute du cours des emprunts grecs.

Le dernier enjeu étant l’onde de choc politique et symbolique qu’entraînerait dans toute l’Europe une victoire de Syriza. En effet, les partis d’opposition à l’austérité fleurissent sur le vieux continent, particulièrement dans les pays du Sud, les plus touchés par la baisse des investissements publics dans les services.

L’autre enjeu pour l’Europe et la France étant les questions liées à l’immigration. Syriza a en effet un programme ouvertement immigrationniste, ouvrant largement les portes de la frontière orientale de l’Europe…

Photo : Alexis Tsipras invité du parti de gauche radicale et néo-communiste allemand Die Linke. Crédit : Olaf Kosinsky via Wikipédia (cc).