Parlons du véritable apartheid (Présent 8277)

22/01/2015 – PARIS (NOVOpress)
Lors de ses vœux à la presse du 20 janvier, le premier ministre Manuel Valls (photo) a évoqué un « apartheid social, territorial et ethnique » dans certains territoires de notre pays (voir notre édition d’hier). Ce faisant, il a suscité les vifs louanges de la classe politique de gauche, vantant sens du réel et courage d’employer les mots justes, une faible polémique cousue de fil blanc étant suscitée dans ce que le spectacle politique nomme « la droite ».

Parlons du véritable apartheid (Présent 8277)Valls s’abstient pourtant bien de nommer l’ennemi et persiste à nier le réel. Car s’il y a bien un apartheid dans la France des banlieues, c’est celui que subit la communauté européenne, française de souche, que les travaux de Christophe Guilluy et Aymeric Patricot – pas vraiment fascistes – ont si pertinemment décrits. Ces « petits Blancs » qui ne bénéficient justement pas des millions déversés par le gouvernement pour l’intégration des « minorités visibles ». Ces Français oubliés, victimes d’un système libéral qui les a littéralement broyés, et qui n’ont ni famille, ni communauté solide à laquelle se rattacher. Les solidarités ethniques, nationales ou familiales des « visibles » ne jouent plus depuis longtemps chez les Gaulois héritiers de l’individualisme libéral. Ces « white trash » selon l’expression américaine subissent une double insécurité. Economique sous l’effet de la crise et des logiques de décentralisation- concentration des entreprises qui les employaient. Sociale face à la pression exercée quotidiennement par la racaille, au pied de leurs immeubles, dans les transports en commun comme au centre commercial, par la disparition des solidarités communautaires qui les protégeaient encore il y a quelques décennies. Les vraies victimes de l’apartheid auquel Valls semble vouloir s’attaquer sont bien ici.

Ces Français qui n’intéressent personne

Le véritable drame est que ces Français des périphéries n’intéressent personne. « Trop seul, trop pâle », comme le dit la chanson. Ces Français moyens ne bénéficient du soutien d’aucune association subventionnée, le racisme ou le mépris qu’ils subissent quotidiennement n’existe pas, il n’est que le produit de leur imagination. Enfants des familles éclatées, élèves d’une Education nationale qui n’est plus « qu’une fabrique d’abrutis », rien ne les tire plus vers le haut. Victimes collatérales de la modernité, quantité négligeable et finalement acceptable aux yeux d’élites mondialisées qui s’engraissent sur le dos de leur consommation (pourtant faible) et de leurs faibles salaires.

Entendez-vous les hommes politiques parler de ces Français-là ? Quelques voix au Front National heureusement et c’est peut-être la raison principale de son succès. Même l’Eglise les oublie totalement. Elle se surpasse pour accueillir les étrangers, développe une énergie colossale pour la « pastorale des migrants » et le « dialogue entre les cultures ». Les souchiens peuvent passer. Et puis, bien souvent ces « gens ordinaires » comme les nomme Michéa ont maintenu enfoui en eux les vieilles habitudes, les antiques intuitions de notre peuple, retors à la modernité et au progressisme, ils passeraient presque pour réactionnaires. Leur cas est vraiment désespéré pour les politiciens aux manettes. Qu’il nous soit permis à nous, hommes de peu, qui partageons leur sang, de voir autre chose dans ce petit peuple oublié. Il y a ici un devoir. Un devoir d’espérance.

Pierre Saint-Servant


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