Kyenge en orang-outan : quinze mois de prison et 150 000 euros d’amende

Kyenge en orang-outan : quinze mois de prison et 150 000 euros d’amende

18/01/2014 – ROME (NOVOpress)
Enfoncée, Taubira ! Surclassés, les juges de Cayenne qui, le 15 juillet 2014, avaient condamné Anne-Sophie Leclère à neuf mois de prison et 50 000 euros de dommages et intérêts ! Les petits joueurs ! En Italie, le tarif pour un photomontage associant une femme politique « de la diversité » à un représentant de la gent simiesque, c’est un an et trois mois, et 150 000 euros.

Un an et trois mois de prison, 150 000 euros d’amende, c’est réellement la peine que le tribunal de Rome vient d’infliger, pour « diffamation aggravée de discrimination raciale », à Fabio Rainieri, ancien député, actuellement secrétaire de la Ligue du Nord dans la région Emilie-Romagne et vice-président du conseil régional. En octobre 2013, sa page Facebook avait publié pendant quelques heures un photomontage (image en Une) représentant le ministre Kyenge Kashetu – reconnaissable à l’élégant tailleur bleu prisé par cette grande cliente des boutiques de haute couture –, avec une tête d’orang-outan et la légende « Devinez qui c’est ? »

Kyenge en orang-outan : quinze mois de prison et 150 000 euros d’amendeC’était l’époque où Kyenge Kashetu (photo ci-contre), ministre de l’intégration du gouvernement de gauche d’Enrico Letta, se vantait d’être entrée illégalement en Italie, d’être la fille d’un père polygame et d’avoir 38 frères et sœurs, protestait que, quoique naturalisée, elle n’était pas Italienne « mais Italo-congolaise », et clamait : « On dit que je suis le premier ministre de couleur. Je ne suis pas de couleur, je suis noire et fière de l’être ». Autant de provocations délibérées pour susciter des réactions « racistes », faire oublier toutes les victimes de l’immigration clandestine et permettre au système de durcir toujours davantage la répression contre ses adversaires.

Matteo Salvini, secrétaire national de la Lega, s’est étonné sur twitter de la lourdeur de la peine infligée à Rainieri : « Mais la liberté de satire ? », a-t-il demandé. Dans une première version, il avait souligné : « Même à un voleur ou à un trafiquant de drogue, on ne donne pas une condamnation pareille ».

À quoi Kyenge Kashetu s’est hâtée de répliquer : « Dire que les Noirs sont des animaux n’est pas de la satire, c’est un délit ». Dans un communiqué de presse, l’ex-ministre, aujourd’hui député européen, a tenu à exalter « la liberté d’expression, patrimoine inviolable de la culture occidentale » – et en matière de culture occidentale, Kyenge s’y connaît. « Mais cette affaire, a-t-elle immédiatement ajouté, n’a rien à voir avec l’exercice de cette liberté, qui a comme unique limite l’offense à celui qui est divers. Inciter les gens à considérer les Noirs comme des animaux n’est ni de la satire ni de la critique, mais seulement un délit, et c’est justement pour cette raison que je trouve aussi grave la décision de la Ligue du Nord de ne pas prendre ses distances par rapport aux positions de Rainieri. De cette manière, c’est le parti tout entier qui se rend coresponsable de ses actions. » Et qui mériterait, n’en doutons pas, d’être mis collectivement en prison.

On notera avec intérêt que, pendant que Kyenge développe ainsi sa conception de « la liberté d’expression », elle affiche sur Facebook et sur twitter le slogan d’obligation « Je Suis Charlie »… Elle ne voit certainement là aucune contradiction.

Flavien Blanchon

Image en Une copie d’écran du 3eme lien cité. Crédit photo dans le texte : Maurizio Lupi, via Flickr, (cc).