Bravo les frères Kouachi : le terrorisme cela paye ! - par Jean-Yves Le Gallou

Kouachi/Coulibaly : derrière la stupeur, le scandale d’Etat

11/01/2015 – PARIS (NOVOpress)
Jusqu’où irons-nous dans l’horreur et l’abjection ? A quel moment nos gouvernants cesseront-ils de mettre nos compatriotes en danger ? Malgré les beaux discours – d’une propagande très vite écœurante -, le réel nous montre que nous ne sommes pas en mesure de lutter efficacement contre ces terroristes de l’intérieur. A tel point que l’on peut parler de véritable scandale d’Etat.

Pour preuve plusieurs relatifs aux frères Kouachi et à Amédy Coulibaly. Eléments qui font froid dans le dos et qui devraient inciter les gouvernants à se taire, voire à prendre des mesures radicales contre les erreurs qu’ils ont commises.

Premier exemple sidérant : Chérif Kouachi. Comme l’indiquent nos confrères de L’Express, ce terroriste a bénéficié de failles béantes de son contrôle judiciaire en 2011 :

Le parcours de son cadet Chérif, au passé judiciaire plus lourd, pose davantage de questions. Ce dernier a assuré à BFM TV s’être rendu dans ce pays, se réclamant d’Anwar al-Awlaki, tué en septembre 2011, par un drone américain: “Nous on te dit juste qu’on est les défenseurs du prophète et que j’ai été envoyé moi, Chérif, par Al Qaeda au Yemen et que je suis parti là-bas et que c’est cheikh Anwar al-Awlaki qui m’a financé”, a déclaré Chérif Kouachi à la chaîne de télévision.
Sa version semble aujourd’hui confirmée. Son séjour aurait été beaucoup plus court que celui de son frère aîné. Mais “il était à l’époque sous contrôle judiciaire”, rappelle un magistrat. Chérif Kouachi était en effet poursuivi dans le cadre de la tentative d’évasion d’un des responsables des attentats de 1995 en France (il obtiendra finalement un non-lieu).

Oui, vous avez bien lu. Etant sous contrôle judiciaire, dans le cadre d’une instruction au sujet d’une tentative d’évasion d’un terroriste, Chérif Kouachi a pu cependant se rendre au Yémen, donc passer un contrôle aux frontières à l’aller et au retour. Yémen considéré comme un des foyers du terrorisme islamiste…

Autre élément grave dans le contrôle et la surveillance de ces islamistes. Là encore un fait relevé bien trop tard par les médias, le comportement pour le moins particulier de Saïd Kouachi quand il était embauché… par la mairie de Paris comme ambassadeur du tri (non ce n’est pas une blague de Philippe Muray) :

« Endoctriné », « ingérable », « renvoyé ». Voilà comment est décrit Saïd Kouachi par ses anciens collègues de la mairie de Paris… Entre 2007 et 2009, le tueur de « Charlie Hebdo » a été employé à la Ville, au service propreté, comme « ambassadeur du tri ». Il a bénéficié d’un des contrats aidés, dit « emploi jeune », contrat de trois ans payé au smic qui n’est pas allé jusqu’à son terme… « En 2009, la Ville a employé beaucoup de jeunes des quartiers. Ça a pas mal défilé », indique un fonctionnaire, sous couvert d’anonymat.

Nos confrères du Parisien apportent une précision pour le moins sidérante quand les autorités nous répètent ad nauseam qu’il ne faut pas faire d’amalgames et que tout cela n’est qu’affaire de loups solitaires :

Dans ces services de propreté de la Ville, il y a eu « la difficulté de gérer plusieurs dizaines de cas difficiles parmi des agents intégristes, dont Saïd Kouachi », poursuit Stéphane. Il évoque des ambassadeurs du tri « qui refusent de serrer la main aux femmes » ou qui « amènent leur tapis de prière et imposent d’interrompre leur service pour revenir faire prier dans les ateliers ». Et qui posaient des « problèmes de comportement ».

Quant à Amédy Coulibaly, pourtant considéré lui aussi comme djihadiste à surveiller avant la commission de ses actes, sa compagne Hayat Boumedienne, là encore, a pu quitter sans problème le territoire français sans encombre ni inquiétude des services, alors que là aussi ce n’était pas une islamiste de fraîche date…

Elle a quitté la France le 2 janvier dernier en se rendant en Turquie. Turquie qu’elle a quittée pour la Syrie le 8 janvier dernier. Le gouvernement turc, plus que favorable à l’Etat islamique, affirme que la France ne l’a pas prévenu quant au profil particulier d’Hayat Boumedienne.

Quant au meilleur que l’on garde pour la fin, l’on ne sait si l’on doit rire jaune. Farid Benyettou, ex-mentor des frères Kouachi et imam de la cellule des Buttes-Chaumont dont faisaient partie les frères Kurachi, est infirmier stagiaire à Paris, plus exactement à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière…

Comme nous le précisent nos confrères du Parisien :

En 2005, il est mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », avant d’être condamné — en compagnie de Chérif Kouachi — à six ans de prison en 2008 par le tribunal de Paris. Entendu par les enquêteurs dès 2005 sur sa relation avec Farid Benyettou, Chérif Kouachi déclarait devant les enquêteurs à propos des cours coraniques dispensés par son mentor : « J’avais vraiment l’impression que la vérité était là, devant moi, quand il parlait. »

Sorti de prison en 2011, Farid Benyettou s’inscrit l’année suivante à une formation au sein de l’Institut de formation des soins infirmiers (Ifsi), avant d’intégrer au début du mois dernier le service des urgences de la Pitié-Salpêtrière.

Mais Farid Benyettou n’aurait jamais dû être accepté comme infirmier stagiaire. En effet :

Mais, parmi ses collègues, la stupéfaction est immense, eux qui mettent en avant le règlement lié à l’emploi d’infirmier. « Selon les règles du ministère de la Santé, on ne peut pas prétendre à un poste d’infirmier avec un casier judiciaire chargé. On nous demande d’en produire un vierge dès la première année », s’insurge un collègue d’un service voisin. Selon nos informations, Benyettou ne l’aurait pas produit. Si le ministère de la Santé, qui émet pourtant les diplômes, s’est dessaisi de nos questions en nous dirigeant vers l’AP-HP, la direction des hôpitaux de Paris se justifie. « La situation de cet élève infirmier est régulière et elle est connue, depuis le début de sa scolarité, tant par la direction de l’école où il est scolarisé que des services de police », précise l’AP-HP.

Ces éléments prouvent une fois n’est pas coutume que nous sommes pas protégés contre les djihadistes de l’intérieur comme nous l’explique Xavier Raufer mais aussi un officier du renseignement interrogé par le quotidien La Croix :

Quant aux aspects internes des failles ou défaillances de notre renseignement intérieur, je constate que les fonctionnaires de la DGSI travaillent de 9 heures à 18 heures, alors que les officiers de police judiciaire travaillent jour et nuit si nécessaire. Ces mêmes agents passent leur vie dans des bureaux, attendant les ordres d’une hiérarchie pesante, tandis que les officiers des Renseignements généraux étaient habitués à travailler librement, sur le terrain, au contact de sources humaines, encouragés par une hiérarchie pour qu’ils soient productifs. De proactifs nous sommes devenus passifs.

Arnaud Naudin