Allemagne : les autorités plongent le pays dans l’obscurité en représailles aux manifestations anti-islamisation

Allemagne : quand les autorités plongent le pays dans l’obscurité en représailles aux manifestations anti-islamisation

08/01/2015 – DRESDE (NOVOpress) – L’Allemagne a été plongée dans l’obscurité la nuit dernière quand les autorités ont éteint les lumières des sites les plus célèbres du pays pour marquer leur désapprobation face aux manifestations contre « l’Islamisation de l’Europe ».

Les Patriotes Européens Contre l’Islamisation de l’Ouest – PEGIDA – ont défilé dans plusieurs villes allemandes ce lundi contre l’influence croissante de l’islam dans leur pays.

Mais les manifestants de Cologne, Berlin et Dresde ont défilé dans l’obscurité dans une mise en scène coordonnée par les autorités.

À Cologne, c’est toute la place autour de la cathédrale de Cologne – un des monuments les plus célèbres de l’Allemagne – qui a été plongé dans l’obscurité.

À Berlin, les projecteurs à la Porte de Brandebourg se sont éteints, ainsi que les lumières de la Tour TV. L’éclairage des ponts traversant le Rhin a aussi été mis en veille.

Le principal de la cathédrale de Cologne, Norbert Feldhoff, a dit que cette action était une tentative pour faire réfléchir les manifestants. « Vous participez à une action qui, dans ses racines et son discours, est raciste et extrémiste », a-t-il déclaré à N-TV. « Et vous soutenez des gens que vous ne voulez pas vraiment soutenir. »

D’autres bâtiments, y compris plusieurs autres églises et un musée, ont rejoint la cathédrale de Cologne dans une extinction générale des feux.

Dans la ville Dresde – qui est au centre de ces rassemblements hebdomadaires depuis qu’ils ont commencé en octobre – Volkswagen a décidé de laisser son usine dans l’obscurité, pour montrer que l’entreprise « défend une société ouverte, libre et démocratique ».

Cette dernière vague de manifestations est intervenue seulement quelques jours après que la Chancelière allemande Angela Merkel ait critiqué ces rassemblements qu’elle juge racistes dans son message de Jour de l’an.

En réaction 18.000 personnes sont sorties à Dresde, portant des pancartes avec des slogans comme « réveillez-vous ! » ou « halte au fanatisme religieux et au radicalisme ».

Le ministre de la Justice lui-même, Heiko Maas, a participé à une contre-manifestation à Berlin où il a déclaré : « l’Allemagne est un pays où les réfugiés sont les bienvenus et la majorité silencieuse ne doit pas rester silencieuse, mais sortir plutôt sur les rues et se faire voir ».
« Nous ne devrions pas permettre à l’extrémisme de droite de montrer son hostilité envers les étrangers et son antisémitisme, » a de son côté ajouté lundi Mme Merkel dans la ville orientale de Neustrelitz.

Mais lors de la manifestation de lundi, l’organisatrice de PEGIDA Kathrin Oertel a fait vibrer la foule en s’exclamant « qu’en Allemagne nous avons de nouveau la répression politique (…) une répression qui nous insulte en nous désignant ouvertement comme des racistes ou des Nazis par tous les courants politiques et les médias pour notre critique justifiée de la politique immigrationniste de l’Allemagne » a-t-elle proclamé sous les acclamations de la foule.

L’Allemagne a certaines des règles d’asile les plus libérales du monde, en partie en raison de son passé Nazi. Le nombre des demandeurs d’asile arrivant en Allemagne, dont beaucoup du Moyen-Orient, a explosé avec 200,000 arrivants l’année dernière – quatre fois plus qu’en 2012.

Mais le PEGIDA a secoué la classe politique de l’Allemagne. La première manifestation en octobre a été soutenue par juste quelques centaines de personnes, mais le mouvement a rapidement fait boule de neige.

Depuis le PEGIDA a pris de la distance avec l’extrême droite, précisant dans sa page Facebook qu’il est contre « les prédicateurs de haine, indépendamment de leur religion et contre le radicalisme ». Le PEGIDA veut ainsi « combattre le sexisme et toute idéologie en général qui prône la violence mais pas contre des Musulmans intégrés vivant ici, » souligne le groupe.

Dernièrement leur cible particulière ont été les réfugiés économiques et les demandeurs d’asile qui ne viennent en Allemagne que pour profiter des aides publiques sans aucune volonté de s’intégrer.

Source : Daily Mail UK