[Tribune] Zemmour et le délit de non-dit : le début de la fin - par Ulysse

[Tribune] Zemmour et le délit de non-dit : le début de la fin – par Ulysse

20/12/2014 – PARIS (NOVOpress)
Mardi 16 décembre 2014, Bernard Cazeneuve prend publiquement position pour condamner des propos attribués calomnieusement à Éric Zemmour (en l’occurrence l’usage du terme de « déportation » qu’il n’a jamais prononcé). Vendredi 19 décembre 2014, I-Télé, une chaîne d’informations privée met fin à son contrat avec le journaliste.

La gauche cléricale, qui sonde les reins et les cœurs, pénètre en force le mystère des intentions de l’âme a, une nouvelle fois, promulgué son jugement en sorcellerie.

Littéralement, et sans avoir besoin de souscrire à aucune théorie conspirationniste, c’est donc le pouvoir exécutif qui, en pleine lumière -comme un tyran tellement sûr de sa force qu’il ne prend même plus la peine de dissimuler ses entorses à un droit qu’il prétend par ailleurs toujours respecter-, a fait pression sur un organisme privé pour qu’il débarque l’un de ses salariés, au motif que ses propos contreviendraient à l’idéologie dominante. Taubira avait déjà inventé le crime contrefactuel (vous auriez pu être nazi, donc vous êtes potentiellement nazi, donc vous êtes nazi), voilà que Cazeneuve invente le délit de non-dit : vous n’avez pas employé le terme de « déportation », mais vous le pensiez très fort, et ceci tombe sous le coup de la loi et de la justice (qui en l’occurrence ne s’est pas prononcée). La gauche cléricale, qui sonde les reins et les cœurs, pénètre en force le mystère des intentions de l’âme a, une nouvelle fois, promulgué son jugement en sorcellerie. Vous vous excusez ? Vous vous accusez. Vous ne vous excusez pas ? Vous vous accusez quand même. Vous n’avez rien dit ? Oui, mais vous avez pensé. Vous avez seulement pensé ? Oui, mais certaines pensées sont pires que des armes chimiques Monsieur, d’ailleurs si vous n’en avez pas, nous allons vous en trouver… La pénalisation du jugement, la criminalisation des intentions, c’est maintenant.

 

L’évidence aveugle celui qui n’est pas assez pur pour la recevoir, comme le sens littéral finit parfois par échapper à ceux qui se perdent dans de sophistiques considérations sur les sens figurés. Car enfin, que dit Éric Zemmour qui soit si dérangeant ? Si scandaleux ? Si dur à entendre qu’il faille l’interdire à défaut de pouvoir le contredire ? Il aligne, avec plus ou moins de bonheur, (mais toujours beaucoup de courage en des temps rendus sourds à la littéralité du sens), des évidences. Quelles sont-elles ?

1-Un peuple ne peut pas supporter sans finir par connaître une crise majeure et potentiellement meurtrière l’immigration massive de peuples aux coutumes qui lui sont radicalement étrangères, et ce, sans préjuger aucunement de la valeur des unes comme des autres. Zemmour réintroduit donc un paramètre quantitatif, (jamais indifférent au problème de la mesure), dans un champ politique qui prétend s’en affranchir au nom d’un humanisme abstrait pour lequel 1 ou bien 1 million, cela revient au même…

Chaque vestige, trace, rémanence de ce qui pourrait rappeler la grandeur culturelle du génie français est systématiquement rejeté (saccage méthodique de la langue et de sa puissance d’évocation au nom de normes hygiénistes et morales, ethno-masochisme, repentance continuelle etc.).

2-Il rappelle ensuite que le projet socialiste contemporain, progressivo-libertaire, a une ambition totalitaire puisqu’il désire réformer, non les contraintes de l’espace public pour rendre possible la coexistence pacifique, mais bien les pratiques privées, en les évaluant et les hiérarchisant à l’aune sa propre échelle de valeurs. Il est un dogme métaphysique, plus qu’un art politique, une hystérie de l’histoire, une église sans Dieu, qui fait donc du rien, son dieu (de ce point de vue les Femen n’ont rien d’une « anecdote », non plus que la ritualisation forcée de la laïcité).

3-Qu’une politique de persécution identitaire a lieu en France depuis des décennies, c’est-à-dire que rien n’est fait pour promouvoir et faire fructifier l’héritage gréco-romain et catholique de la France ; et qu’au contraire, chaque vestige, trace, rémanence de ce qui pourrait rappeler la grandeur culturelle du génie français est systématiquement rejeté (saccage méthodique de la langue et de sa puissance d’évocation au nom de normes hygiénistes et morales, ethno-masochisme, repentance continuelle etc.).

4-Il rappelle encore que la complémentarité homme/femme est niée au nom d’un égalitarisme qui n’est que le cache-misère de rapports de domination économique rendant possible la prostitution du vivant et sa commercialisation en pièces détachées pour assouvir les appétits morbides de castes déviantes planétarisées.

5-Il montre enfin, qu’au fond, le socialisme progressiste n’est qu’une politique du déracinement de la personne, qui, au nom de son émancipation individuelle, détruit les conditions de possibilité de son assomption culturelle collective. Un descellement de l’homme qui substitue le virtuel de la technique au surnaturel de la foi, le droit de faire et d’avoir à la liberté de risquer et de perdre, l’égalitarisme qui nivelle à l’équité qui hiérarchise, la préférence pour l’autre au souci de soi, la Différence, dès lors idolâtrée comme un fétiche fantasmatique, à l’Identité, piétinée comme le rebut répugnant de l’histoire de l’Europe, le fantôme spectral des injustices du passé…

C’est pour cela que le pouvoir veut faire taire Éric Zemmour : parce que ce qu’il dit possède la force d’évidence d’un regard lucide et dépassionné sur le réel tandis que le socialisme progressiste n’est lui qu’un art puéril et malfaisant de rêver un réel dont on s’efforce de chasser la violence par tous les subterfuges légaux et techniques imaginables.

Ces constats, analyses et critiques, sont aussi vieux que le progressisme et leur origine doit autant à Tocqueville, Guenon, Jünger ou Heidegger qu’à Valéry, Bonnard ou Bardèche. Éric Zemmour (qui a pour lui la modestie de sa prétention), se contente de les synthétiser pour les rendre accessibles à une population qui parfois sent dans son corps et son cœur plus qu’elle ne sait par sa raison les causes de son mal-être, les mobiles de sa dépression. C’est pour cela que le pouvoir veut faire taire Éric Zemmour : parce que ce qu’il dit possède la force d’évidence d’un regard lucide et dépassionné sur le réel tandis que le socialisme progressiste n’est lui qu’un art puéril et malfaisant de rêver un réel dont on s’efforce de chasser la violence par tous les subterfuges légaux et techniques imaginables.

L’ironie cruelle de la chose est que cette stratégie de l’éteignoir est vouée à l’échec et qu’à vouloir étouffer un feu dans la précipitation, on risque seulement de le propager un peu plus et à des endroits inattendus. Mais ce pouvoir n’est pas seulement malfaisant. Il est aussi très bête. Extrêmement bête. Tout empressement à nier et à faire taire n’est que l’authentification de l’importance de ce qui est affirmé et dit. Zemmour censuré, c’est le succès assuré.

Il n’est donc pas interdit de croire qu’en voulant faire taire Zemmour, ce pouvoir ait ici, lui-même, allumé la mèche qui le fera bientôt sauter. Ce ne serait pas étonnant après tout que ceux qui se réjouissent du Suicide français et qui s’emploient à le précipiter ne soient eux-mêmes, rien d’autre, que des suicidaires…

Ulysse
@ULYSSEimmortal

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