La « 344e salope » condamnée (Présent 8255)

La « 344e salope » condamnée (Présent 8255)

18/12/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ex-militante des Femen, Eloïse Bouton, 31 ans, a été condamnée mercredi à un mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour une action « seins nus » dans l’église de la Madeleine à Paris. Elle devra en outre verser 2 000 euros de dommages et intérêts ainsi que 1 500 euros pour les frais de justice au curé de la Madeleine.

La « 344e salope » condamnée (Présent 8255)L’« action », visant à dénoncer les prises de position de l’Eglise dans le débat sur le droit à l’avortement, s’était déroulée le 20 décembre 2013 au matin.

Ce jour-là, l’agitée des roploplos – portant sur le dos l’inscription « Christmas is cancelled » (Noël est annulé) et sur le ventre « 344e salope », en référence au manifeste de 343 femmes appelant à la dépénalisation de l’avortement et à la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse – s’était dirigée, torse nu, vers l’autel de l’église face à une dizaine de personnes présentes alors qu’une chorale répétait dans l’édifice.

Dans sa foulée blasphématoire, elle avait ensuite déposé des morceaux de foie de veau censés représenter l’avortement de l’Enfant Jésus. C’est la deuxième fois en France qu’une Femen est condamnée pour exhibition sexuelle (le 15 octobre, une Femen ukrainienne qui avait attaqué la statue de cire de Vladimir Poutine au musée Grévin avait été condamnée à 1 500 euros d’amende pour exhibition sexuelle et dégradation).

« Une juste reconnaissance »

Pour Laurent Delvolvé, avocat du curé de la Madeleine, cette décision vient rappeler « le respect dû en toutes circonstances à tous les lieux de culte, et notamment aux lieux de culte catholique. Le tribunal vient de rappeler qu’on ne peut pas faire n’importe quoi au sein d’un édifice religieux sans risquer de se faire condamner pénalement ». Et de conclure : « Le diocèse de Paris considère que c’est une juste reconnaissance de l’atteinte qui a été portée à l’affectation cultuelle, au libre exercice du culte et à la liberté religieuse. »

Se disant « hallucinée » et estimant, sans rire, que sa condamnation est « une atteinte à la liberté d’expression », Eloïse Bouton a annoncé qu’elle ferait appel de la décision.

PIERRE MALPOUGE


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