Le nouvel antisémitisme - par Vincent Revel

Le nouvel antisémitisme – par Vincent Revel

13/12/2014 – PARIS (NOVOpress)
Souvenez-vous, en mai 2006, la France était déjà confrontée à une nouvelle forme de racisme importée par son immigration et renforcée par l’échec de son intégration. Une trentaine de « suprémacistes » noirs avaient débarqué rue des Rosiers à Paris en proférant des menaces antisémites. Cette descente musclée, dans un quartier peuplé par de nombreux juifs, avait été organisée par la Tribu Ka, glorifiant la race noire. Minoritaire dans leur communauté, ces racistes noirs nous avaient démontré que la société multiculturelle pouvait parfois connaitre de sérieux dérapages. 32% des parents juifs qui ont choisi d’inscrire leurs enfants dans une école privée juive avouent l’avoir fait pour les préserver de l’antisémitisme. La communauté juive de France se replie de plus en plus sur elle-même, non par volonté de se différencier mais dans le seul but de se protéger. Denis Jeambar, dans un éditorial de l’Express écrit en 2004, nous demandait « d’ouvrir les yeux ». L’antisémitisme dépasse sans commune mesure « le racisme antimaghrébin » et « l’essentiel de ces exactions antisémites sont perpétrées par des jeunes issus de l’immigration arabo-musulmane, les militants d’extrême droite n’en étant, désormais, que marginalement responsables. »

Cette haine, véhiculée par de nombreux adeptes de l’islam, contribue à la fracture communautaire à laquelle notre pays est déjà confronté. La Palestine sert de prétexte à ces musulmans de France pour exprimer ouvertement leur racisme. L’extrême gauche, ayant avec conviction épousé aveuglément les causes palestiniennes et « immigrationnistes », permet fréquemment de justifier et de banaliser les gestes déplacés de ces nouveaux racistes possédant désormais la nationalité française. En 2000, les violences envers la communauté juive, les dégradations contre ses biens et les synagogues, avaient atteint une telle importance que la police avait été « contrainte de patrouiller en permanence » pour assurer leurs protections. Edith Lenczner, porte-parole du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), avait alors témoigné devant les journalistes : «Il y’a sans doute toujours eu des actes antijuifs dans notre pays… mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale. » Nos médias, qui trouvent toujours le moyen de déformer la vérité pour éviter de tomber dans le politiquement incorrect, nous avaient parlé, lors de cette triste année 2000, « d’affrontements intercommunautaires ». Ce ne fut qu’un mensonge supplémentaire pour éviter une fois de plus de discriminer, d’amalgamer, de trop froisser la susceptibilité exacerbée de notre nouvelle population musulmane.

Cette haine, véhiculée par de nombreux adeptes de l’islam, contribue à la fracture communautaire à laquelle notre pays est déjà confronté.

Pour qu’il y ait affrontement, il aurait fallu que les juifs de France répliquent avec la même violence face aux jeunes musulmans ou aux jeunes noirs. Ils ne l’ont pas fait, pour une simple raison ; ils avaient confiance en la justice de leur pays. Nos élites devraient faire très attention avec leurs déclarations partisanes. Comme le disait la journaliste Cécilia Gabizon : « La stigmatisation de l’Etat hébreu ne fait que renforcer le retranchement communautaire, voire l’agressivité. » Notre communauté nationale est devenue, malgré elle et surtout à cause de l’idéologie utopique de la « multiculturalité », fragile, désunie et dépendante pour son équilibre de l’actualité internationale. Les crises multiples, qui secouent le monde musulman (Liban, Palestine, Irak, Afghanistan, Kosovo, Tchétchénie, Iran, Soudan, Somalie, Tunisie, Libye, Egypte, Mali, Syrie…) sont autant de prétextes pour alimenter les revendications haineuses au sein de la communauté musulmane. La radicalisation de certains jeunes, issus de cette communauté, les éloignent progressivement et rapidement des valeurs véhiculées par notre République. Les expressions du style : « Sale youpin, on va te crever » accompagnées d’« Allah Akbar » ont été à plusieurs reprises entendues lors des nombreuses manifestations contre la guerre en Irak. Dans les années 2000, les violences contre la communauté juive ont été multipliées par 6.

Alain Jakubowicz, lorsqu’il était président du Crif de la région Rhône-Alpes de 1995 à 2004, ne cachait pas son désarroi et son inquiétude lors d’un entretien avec les journalistes de Lyon Mag et espérait que ces actes violents, subis par la communauté juive de Lyon, ne remettent pas en cause les principes de la démocratie. Paradoxalement, le même Alain Jakubowicz ainsi que de nombreux autres représentants de la communauté juive ne cessent de tenir des propos ambigus. Là où ils devraient être clairs dans leurs dénonciations de l’antisémitisme en France, ils louvoient pour éviter la confrontation, par peur des représailles, pour ne pas sortir du politiquement correct. Etant acquis aux thèses ultra-libérales, favorisant le communautarisme à l’américaine (par le biais d’organismes communautaires comme le Crif, la LICRA, le CFCM, le CRAN…) et l’immigration de masse, la majorité des dirigeants de la communauté juive n’hésite pas à trahir les leurs pour éviter toute remise en cause. Ils font mine de s’indigner à chaque acte de barbarie et en même temps ils oublient volontairement de nommer explicitement les causes de cet antisémitisme de plus en plus fréquent et violent. Pour éviter de stigmatiser, au nom du bien vivre ensemble, par ces silences lourds de sens, ils laissent le doute planer sur cette nouvelle forme de racisme en France. Certains vont même plus loin en laissant entendre que le contexte actuel avec la forte montée du Front National serait en partie responsable de ces actes antisémites. Ces mensonges ne pourront plus durer.

La majorité des dirigeants de la communauté juive n’hésite pas à trahir les leurs pour éviter toute remise en cause.

A l’époque où nous nous indignons facilement pour les discriminations raciales, il est désormais possible, en France, de se faire poignarder, torturer ou tuer pour la simple raison d’être juif ou blanc. Cette haine est le résultat de notre politique d’immigration, incapable d’intégrer, d’assimiler, correctement des populations issues de civilisations différentes, cause du communautarisme naissant allant à l’encontre de notre pseudo idéal républicain : « Egalité, fraternité, liberté ». Aujourd’hui, certains d’entre nous conseillent aux juifs, comme on le fait trop souvent avec les blancs qui sont victimes de racisme, de déménager, de se taire pour éviter toutes représailles, dans l’attente de jours meilleurs. Est-ce normal de voir les victimes baisser les yeux et de devoir faire profil bas ? Devons-nous supporter l’intolérable au nom d’un idéal multiculturel voué à l’échec ?

Vincent Revel