La finance islamique pèserait plus de 2.000 milliards de dollars

25/11/2014 – DUBAI (NOVOpress via Le Figaro)
Il y a quelques jours se tenait à Dubaï la 10ème édition du Forum Islamique Economique Mondial (WIEF), un événement qui a réuni de nombreux acteurs de la finance islamique. Basée sur les principes de la loi islamique (charia), cette dernière connaît une croissance effrénée, plus importante que celle de la finance conventionnelle.

Apparue en 1975 à Dubaï avec la Dubai Islamic Bank, cette finance impose le respect de plusieurs principes religieux fondamentaux dans l’Islam: l’interdiction du «riba» (l’intérêt assimilé à l’usure), du «gharar» et du «maysir» (l’incertitude, la spéculation), du financement d’activités «haram» (alcool, viande de porc, pornographie…). La finance islamique fonctionne également sur le principe de la «Moucharaka», c’est-à-dire le partage des profits et des pertes entre les différentes parties, ainsi que l’obligation d’investir dans l’économie réelle via des actifs tangibles.

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La finance islamique avec son fort potentiel séduit de nombreux pays occidentaux qui cherchent à capter les revenus des investisseurs du monde arabe. La Grande-Bretagne est la plus entreprenante: en juin dernier, le pays est devenu le premier émetteur de «sukuk» en dehors des pays islamiques avec une émission de 323 millions de dollars qui a été 12 fois sur-souscrite. C’est aussi à Londres que s’est tenue la 9e édition du Forum Islamique Economique Mondial l’an dernier. D’autres pays européens se sont lancés dans l’aventure dont l’Italie où le nombre d’opérations d’investissements liées à la finance islamique a doublé cette année à un milliard de dollars. En France, les équipes de Nicolas Sarkozy ont mis en place fin 2008 «des aménagements fiscaux pour favoriser les montages de finance islamique afin d’attirer les investisseurs du Proche-Orient»