Territoires, d’Olivier Norek : plongée en Seine-Saint-Denis

22/11/2014 – PARIS (NOVOpress) – Le livre Territoires, sortit récemment aux éditions Michel Lafon, est le second roman d’Olivier Norek. Celui-ci, en bon auteur de roman noir, utilise une enquête policière comme prétexte pour plonger dans la réalité sociale et politique de la Seine-Saint-Denis. Et elle n’est guère reluisante.
Lieutenant à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quinze ans, Olivier Norek sait de quoi il parle, ce qui fait de Territoires un témoignage précieux, proche d’une enquête journalistique.

Dans la ville imaginaire de Malceny, qui ressemble énormément à celle de Saint-Denis, plusieurs gros trafiquants de drogue sont assassinés par un rival cherchant à s’emparer du marché des stupéfiants. En enquêtant, les policiers vont découvrir des kilos de drogue chez des retraités, une racaille psychopathe de treize ans, et vont faire face à des émeutes extrêmement violentes.

Et surtout, en remontant le fil des évènements, ils vont s’intéresser à la mairie de Malceny : son équipe municipale élue en achetant des voix, les amis du maire qui vivent dans un HLM de luxe, les emplois municipaux réservés à la racaille en échange de la paix sociale…

Un témoignage précieux, sur la réalité de la France des banlieues.

Olivier Norek, Territoires, Michel Lafon, 2014.

– Vous vous foutez de moi ? Vous me dites que c’est un entrepôt pour voleurs et vous leur laissez l’électricité ? Pourriez au moins la couper, ce serait un début.
– Déjà essayé. Ils ont brûlé ma voiture le lendemain.
– Et vous avez déposé plainte ?
– Non, j’ai remis le courant.
– Mouais, c’est cohérent. Mais alors, ça consiste en quoi votre job exactement ?
Vexé, le gardien répliqua sèchement :
– Je m’occupe d’un immeuble dans une cité où vos collègues ne mettent même plus les pieds. Je nettoie la cage d’escalier et le hall quand ils ne sont pas squattés et le reste du temps, je ferme les yeux sur tout. J’essaie d’énerver personne, de pas me faire péter la gueule et je dis aux locataires que je fais mon possible.
– En gros, vous foutez pas grand-chose.
– Je fais ce que je peux. Tout seul et sans votre flingue.

 

Publié le