La remigration au programme : du Grand Remplacement au grand retour ? (Minute 2694)

La remigration au programme : du Grand Remplacement au grand retour ? (Minute 2694)

19/11/2014 – PARIS (NOVOpress)
Alors que d’intenses débats ont actuellement lieu au Front national autour de la notion de Grand Remplacement (ou tout au moins de l’utilisation de ce terme), nulle interrogation à ce sujet du côté des Identitaires. Samedi dernier, à l’occasion des Assises de la remigration, c’est leur réponse à ce constat qu’ils ont présentée. (Article publiée avec l’aimable autorisation de nos confrères de Minute)


Au FN, on se questionne aussi sur le contour exact à donner à « l’inversion des flux migratoires », récemment évoquée à nouveau dans des entretiens par Nicolas Bay, prochain secrétaire général du FN, et par Louis Aliot. Cette expression difficile à utiliser en terme de communication politique pure a habilement été remplacée au profit de celui de « remigration ».

Le mot existe depuis longtemps, et avec le même sens, dans de nombreux pays, et fait même l’objet de programmes d’accompagnement: on parle en Finlande de la remigration de personnes originaires du pays et souhaitant y revenir, et aux Pays-Bas de la remigration d’immigrés vers leur pays d’origine. On le retrouve aussi dans le vocabulaire de l’Unesco. Sans doute inspiré par le modèle néerlandais, le leader du Vlaams Belang flamand (allié du FN au Parlement européen), Filip Dewinter, avait lancé en 2011 une campagne prônant la remigration.

En France, on le retrouve pour la première fois en 2007 dans un livre du démographe Jean-Paul Gourevitch avant que les Identitaires ne s’en emparent dès 2012 en l’utilisant dans le cadre du projet rédigé pour leur éphémère candidat à la présidentielle. Les Identitaires tournant résolument le dos à la « réconciliation » sous étendard « antisioniste » du type de celle prônée par Alain Soral et affirmant qu’une assimilation massive ne saurait répondre à l’immigration massive, voici coment Philippe Vardon présentait la remigration dans un entretien au site catholique lerougeetlenoir.org : « Le constat de l’échec de la société multiculturelle (donc multiconflictuelle) et multiraciale (donc multiraciste) imposée aux Français est désormais largement partagé. La remigration, c’est-à-dire le retour dans leurs pays d’origine, la terre de leurs pères, de manière pacifique et concertée, d’une grande partie des Français administratifs – n’étant en fait Français ni de sang ni même de coeur pour la plupart – présents sur notre territoire est la seule solution permettant de répondre à l’ampleur du phénomène et d’éviter le chaos. »

Un laboratoire d’idées ou un lobby ?

Ouvrant logiquement le bal, l’écrivain Renaud Camus, père de l’expression du Grand Remplacement (et uniquement de l’expression, pour les pères du phénomène regardez plutôt du côté de Bouygues, Giscard et Chirac, heureux papas du regroupement familial), s’est livré à une intervention très imagée, paraphrasant en conclusion Corneille: « Rentre en toi-même, Europe, et cesse de te plaindre. »

A sa suite se sont succédé à la tribune: l’historien Philippe Conrad (directeur actuel de la Nouvelle Revue d’Histoire, le député-maire d’Orange Jacques Bompard, le dirigeant de Génération identitaire Damien Rieu, l’ancien député européen et président de la Fondation Polémia Jean-Yves Le Gallou, le spécialiste de l’islam René Marchand, le directeur de l’Université d’été des Identitaires Jean-David Cattin, et enfin le président du Bloc identitaire Fabrice Robert.

La thématique tout comme la diversité des intervenants sont sans doute à l’origine du succès de l’événement. Ce sont plus de 400 personnes qui se sont pressées dans le XVème arrondissement de Paris pour venir assister à ce marathon d’interventions pendant près de cinq heures. C’est d’ailleurs là le seul reproche que l’on pourrait faire aux organisateurs: il y en avait presque trop ! Mais la qualité était au rendez-vous, et l’on peut compter sur des « intellectuels organiques », tel Jean-Yves Le Gallou, pour avoir largement fourni l’assistance en « cartouches intellectuelles ».

Parmi les personnalités présentes dans le public, l’une d’entre elles a retenu l’attention: Karim Ouchikh, récemment élu à la tête du Siel, formation partenaire du FN au sein du Rassemblement Bleu Marine. Répondant aux journalistes présents, il a déclaré s’intéresser aux « outils politiques » que pouvaient constituer les propositions des Identitaires, comme en écho aux journalistes du Monde, qui, la semaine dernière, présentaient le Bloc identitaire comme « un lobby au Front national ».

Florian Philippot (responsable de la stratégie et de la communication), Louis Aliot (responsable du projet et de la formation) ou Marine Le Pen iront-ils puiser dans les 26 mesures – assez concrètes – pour la remigration proposées samedi? 

Lionel Humbert

Crédit photo Une : Bloc identitaire (c).