Lettre ouverte à nos évêques [Tribune]

Lettre ouverte à nos évêques [Tribune]

23/11/2014 – NICE (NOVOpress) – Novopress publie ce dimanche la lettre d’une de nos contributrices, à l’intention des Évêques de France.


Je vous ai désobéi, car j’ai compris avec trente ans d’avance que l’église, à force de tendre l’autre joue, ceux qui ne l’ayant pas désertée et continueraient à vous obéir finiraient par tendre l’autre fesse, puis le cou jusqu’à la décapitation.

Si je vous écris de la sorte aujourd’hui c’est parce que je peux encore le faire, c’est à dire que les chrétiens risquant bientôt de retourner aux cathédrales troglodytes n’y emporteront pas forcément de quoi écrire.

Permettez moi un petit agacement en lisant les termes abscons de certains de vos discours, même et surtout ceux destinés aux jeunes prêtres. « La logique du révolté est de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel » (Albert Camus dans L’homme révolté).

Afin d’en finir avec les difficultés des diocèses, et la déprime des presbytères, je vous suggère soit d’aller faire un tour en Corse vous inspirer de leur chemin de croix, soit d’organiser une vraie pastorale pleine de bêtes à Pâques. Bien que préférant éplucher des pommes de terre pour le bon Dieu au lieu de lui ériger des cathédrales, comme disait ma grand mère, par respect pour nos hommes bâtisseurs, je vous en prie, faites donc rayonner leurs voûtes. Cessez  d’arpenter vos couloirs en marmonnant toujours la même chose ! Finies les belles paroles : l’autorité sécurise, la colère est sainte, elle soulage, elle grandit (Zola).

Avec tout le respect que je vous dois,
Océane Guelfucci

Crédit photo : milkaaaaa via Flickr (cc)