Réseaux sociaux : vers le référendum permanent ?

18/11/2014- PARIS (NOVOpress via FigaroVox)
D’après une récente étude Médiamétrie consacrée à la place que les réseaux sociaux ont pris dans notre vie, 26 millions de Français seraient sur Facebook. Dans une tribune parue sur FigaroVox, Vincent Tremolet de Villers s’interroge sur les conséquences de cette révolution numérique.

Celui-ci n’hésite d’ailleurs pas à parler d’un véritable “séisme numérique”.

En politique, les conséquences sont à la fois minuscules et gigantesques. Minuscules parce que l’information continue, pour satisfaire sa boulimie, dévore les messages les plus dérisoires. Ainsi Nadine Morano qui croise une femme voilée sur la plage nous fait part de son irritation, et Cécile Duflot nous présente en exclusivité le chili con carne (bio) qu’elle est en train de cuisiner. Nous savons tout de la moindre réunion de canton et, heureux hommes, nous avons accès aux selfies du maire de Champignac à la fête de l’espadrille.

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Gigantesque si l’on évalue le poids de ces réseaux dans le quinquennat Hollande. Pour lui, tout a commencé par un tweet. Celui qui révélait l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Le futur président pouvait sourire comme le plus beau smiley. Ça n’a pas duré. Un mois après son élection, Ségolène Royal et Valérie Trierweiler s’affrontaient en 140 signes et la présidence normale devenait un captivant vaudeville animé avec rage, sur les réseaux sociaux, par l’un des personnages. Grâce à Twitter, l’expression «sans-dents» a traverséle pays en quelques heures et la dernière émission de François Hollande a donné lieu, sur ce même réseau, à un jeu de massacre.

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Les réseaux sociaux sont la cause principale de cette inversion hiérarchique. L’information n’est plus «descendante» mais s’établit de plus en plus selon un référendum permanent qui, par le nombre de «like» ou par le succès d’un «hashtag», décide ce qui ouvrira le prochain journal. Une forme compulsive, frénétique de démocratie participative fait défiler les sujets – guerre en Ukraine, canular de Nicolas Bedos, blessure de Zlatan, égorgement d’Hervé Gourdel – sans distinguer l’essentiel de l’accessoire