Le spectre de l’indépendance catalane continue d’inquiéter Madrid

Le spectre de l’indépendance catalane continue d’inquiéter Madrid

11/11/2014 – BARCELONE (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
La tentative de référendum indépendantiste, pourtant suspendue par le tribunal constitutionnel espagnol, a eu lieu dimanche en Catalogne. Le gouvernement central s’est attaché à réduire l’impact de l’événement en le présentant comme un acte de mobilisation indépendantiste, sans aucun caractère légal ni officiel. L’absence de listes, de commission électorale ou de lieu de vote officiel pour le non semble plaider en faveur du caractère peu orthodoxe de cette consultation, mais le ministre de la justice espagnole a pourtant déclaré que « personne ne s’opposerait à l’exercice de la liberté d’expression des citoyens ». Le souci était d’éviter à tout prix l’image d’un gouvernement espagnol antidémocratique, saisissant les urnes et violentant le processus de vote. Un peu plus de 5 millions de personnes étaient attendues lors de la consultation. Pour les indépendantistes, le processus est surtout symbolique et devait permettre de mobiliser les militants favorables à l’indépendance. Le principal résultat devait donc être le taux de participation.

Plus de 80 % des citoyens ayant participé au vote symbolique se sont prononcés en faveur de l’indépendance, selon les résultats provisoires diffusés dans la nuit de dimanche à lundi. Sur les 2 millions de votants, 1,6 million de personnes ont voté en faveur de l’indépendance de la Catalogne. Quelques 5,4 millions de Catalans pouvaient en théorie participer à cette consultation, ce qui invite donc à relativiser la portée du vote.

Il est certain que le bras de fer a été d’autant plus fort que les forces en présence étaient fragilisées. Artur Mas, président catalan, était affecté par des soupçons d’évasion fiscale, tandis que le Parti populaire de Mariano Rajoy était lui aussi éclaboussé par des scandales. Par ailleurs, les élections européennes de mai 2014 avaient marqué un fort recul des deux grands partis de gouvernement, pour le plus grand bénéfice de la gauche radicale de Podemos, issue du mouvement des Indignés. Refusant tout dialogue, Mariano Rajoy s’est peut-être révélé moins habile que son homologue britannique David Cameron vis-à-vis de l’Ecosse.

Crédit photo : Pere prlpz via Wikipédia (cc).