Coup d’Etat au Burkina Faso

Coup d’Etat au Burkina Faso

03/11/2014- OUAGADOUGOU (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
Petit rappel des faits : jeudi soir, l’armée a pris le pouvoir au Burkina Faso et a annoncé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée après une journée d’émeute, qui a fait une trentaine de morts, contre le régime de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. Elle a instauré un couvre-feu de 19 heures à 6 heures pour protéger les habitants. Le président Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir, en 1987, par un coup d’Etat, devait s’exprimer jeudi soir.

Quelles ont été les motivations de cette émeute ?

Le Burkina Faso a basculé dans la crise avec l’annonce, le 21 octobre, d’un projet de révision constitutionnelle portant de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. Arrivé aux affaires, il y a 27 ans à l’issue d’un putsch, le président Compaoré devait achever l’an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015). Lui qui a déjà modifié deux fois l’article 37 de la Loi fondamentale, en 1997 puis en 2000, pour se maintenir au pouvoir, défend la stricte légalité de sa démarche pour cette troisième retouche. Les opposants souhaitaient un renversement du régime, longtemps considéré comme l’un des plus stables de la région. Un « printemps noir au Burkina Faso, à l’image du printemps arabe », lançait mercredi l’opposant Emile Pargui Paré. Mardi, des centaines de milliers de personnes – un million, selon l’opposition – étaient descendues dans la rue à Ouagadougou pour dénoncer un « coup d’Etat constitutionnel ». « L’armée est soudée avec le peuple », avait affirmé Bénéwendé Sankara, l’un des chefs de l’opposition, demandant « la démission pure et simple du président Blaise Compaoré ».

Quelles ont été les réactions face à cette crise que connaît le Burkina Faso ?

Face à ce que le gouvernement sénégalais a qualifié de « soulèvement populaire », l’Union africaine a fait part de sa « profonde préoccupation » et appelé « toutes les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue ». L’Union européenne a lancé un appel à « engager rapidement un dialogue » et à mettre fin aux violences. La France a plaidé pour un « retour au calme » et les Etats-Unis ont exprimé leur « vive inquiétude ». L’ONU, comme l’UA, a décidé d’envoyer sur place un émissaire.

La médiation internationale au Burkina Faso, un pays en crise après la chute du président Blaise Compaoré, a appelé dimanche à la mise en place d’un régime de transition « conduit par un civil » et « conforme à l’ordre constitutionnel », menaçant sinon de « sanctions ».

« Nous voulons éviter pour le Burkina Faso la mise en place de sanctions », a déclaré l’émissaire de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse au nom de la mission de concertation tripartite ONU‑Union africaine-Cédéao (l’organisation régionale de l’Afrique de l’Ouest).

Quelles sont les conséquences pour ce pays ?

Le président Compaoré a annoncé, vendredi 31 octobre 2014, qu’il quittait le pouvoir après 27 ans de règne à la tête du Burkina Faso. La présidence française « salue » sa démission, « qui permet de trouver une issue à la crise » et appelle à « la tenue rapide d’élections démocratiques ». L’Union européenne considère qu’il revient « au peuple burkinabè de décider de son avenir ». Par communiqué, le président de la République française a exprimé vendredi sa « solidarité avec les victimes des violences de ces derniers jours ». Alors que la confusion règne sur les contours de la transition qui s’ouvre, « la France rappelle son attachement à la Constitution et donc à la tenue rapide d’élections démocratiques » au Burkina Faso. Le président Hollande a renouvelé son appel « au calme et à la retenue » de « l’ensemble des acteurs ».

Photo Une : le palais de Kosyam, siège de la présidence de la république du Burkina Faso depuis 2005.Crédit : Sputniktilt (cc)